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Le libre arbitre contre-attaque

Le chat est accroupi au sol, ses moustaches caressent délicatement l’herbe. Il avance subtilement vers deux moineaux en face de lui. Il se tend, prêt à bondir. Les oiseaux ne se doutent pas un instant que l’apocalypse fluffy va s’abattre sur eux. Mais le chat relaxe ses muscles. Le moment n’était pas bon – quelque chose dans l’angle, ou dans l’air –. Il s’approche encore d’un pas, puis d’un autre, puis bondit.

Parce que les chats sont des psychopathes notoires.

Les chats prennent des décisions. Et ils le font à propos de choses similaires aux notres: avec qui traîner, qui éviter, que manger ce soir et comment se le procurer. Sur une échelle allant de zéro à Stephen Hawking, le chat est une forme de vie qui se démerde bien. Ce qui lui octroie un large choix d’options comportementales. De degrés de liberté, pour le dire autrement.

Le retour du libre arbitre…

On pense souvent que la science a enterré le libre arbitre. Si toutes choses sont liées à de grandes lois déterministes, alors nos chemins sont aussi tracés que celui d’une pomme tombant d’un arbre. Or c’est faux (oui, bim, la pomme vient de tomber). Et ce n’est même pas de théorie du chaos ou d’incertitude quantique que je vais causer ici, ces choses devraient déjà être sues quand on prétend causer déterminisme avec sérieux. La science nous offre un moyen simple et clair pour comprendre la liberté de choix. Il suffit de regarder au bon endroit: pas dans une IRM ou un microscope, mais dans un zoo.

On y trouve toute sorte d’animaux utilisant un large panel de compétences qui leur offrent des options pour savoir quoi faire. Compétences que nous partageons. Celles ci ont évolué via la sélection naturelle parce qu’elles sont essentielles à la survie: peser différents facteurs, explorer les options, découvrir de nouvelles alternatives quant les anciennes stratégies ne marchent pas.

Ce qui se nomme communément le libre arbitre, et que nous possédons précisément parce que nous ne sommes pas des cailloux, mais des organismes complexes poursuivant activement des intérêts dans un environnement évolutif.

Maintenant que la science a expliqué le coup des cailloux de la vallée de la Mort, elle se la pète.

Maintenant que la science a expliqué le coup des cailloux dotés de libre arbitre de la vallée de la Mort, elle se la pète. Elle a le droit: il a fallu en arriver à une surveillance humaine du site. Et ça caille la nuit, le désert.

Les capacités cognitives qui sous-tendent cette liberté comportementale commencent à être comprises. Comme pour beaucoup de capacités évoluées, c’est une question de degrés. Prenons par exemple la capacité à reporter la satisfaction. Pour le chat, cela signifie se retenir de bondir jusqu’à être sûr de la réussite de l’opération Moineau.

La capacité à résister à une petite récompense en échange d’une plus grande après un délai se mesure. Les poulets, par exemple, sont capables de tenir dix secondes. Un chimpanzé peut tenir deux bonnes minutes. Soit en moyenne autant qu’un enfant de 5 ans posé devant des marshmallow dans le but de prédire abusivement toute sa vie future. L’existence du salariat est une preuve suffisante indiquant qu’un être humain adulte peut atteindre des records bien plus élevés.

Ainsi, à moins d’être d’une impulsivité impressionnante, vous êtes plus libre qu’un poulet. En délayant encore plus, celles ci s’élargissent encore: refuser totalement les caramels parce que vous êtes au régime. Abandonner tout plaisir terrestre dans l’espoir fou qu’une plus grande récompense divine existe après.

Tandis que l’on avance dans la compréhension de la liberté comportementale, on peut commencer à classer les degrés de libre arbitre. Pour aboutir pourquoi pas à l’équivalent du QI – pas de son petit frère malformé, le QE – qui serait le Quotient de Liberté comportementale. Une telle échelle éclairerai les facteurs qui restreignent ou améliorent nos efforts pour diriger nos vies. Ou comment définir notre niveau de liberté et comment l’augmenter rationnellement.

… Et comment le repenser

Nous avons désespérément besoin de repenser le libre arbitre. Ce concept se situe au cœur même de notre manière de nous voir. L’étendue du choix ressenti dans notre destin conditionne tout, des politiques sociales à la justice, de la motivation au bonheur ressenti.

NOTE: Tiens, parenthèse: souvenez vous de l’article sur le stoïcisme. Il faut se soucier de tout ce qui entre dans la sphère du choix, et rester indifférent au reste. J’ajoutais que cela fonde une philosophie du bonheur proactive, lien qui a apparu obscur à certains lecteurs. On retrouve ici la même notion de sphère du choix – de degrés de liberté – laquelle influence la capacité à trouver le bonheur: plus elle est étendue plus il est aisé de se sentir l’acteur de sa vie, et de choisir ses stratégies.

La conception commune veut que la liberté requière une capacité surnaturelle à transcender les lois de la nature. Parce que nous ne serions sinon que de pauvres marionnettes de causes et d’effets déterminés d’avance.

Historiquement: cette notion signifie que le libre arbitre est une essence mystérieuse, qui nous sépare du reste de la création, en accord avec les religions. Or, maintenant que nous comprenons le monde sans invoquer de vieux barbus ni de serpents à plumes, cette notion contredit ce que nous savons du monde et de la physique. Il n’est donc pas surprenant que de plus en plus de monde défende la non-existence pure et simple du libre arbitre, vu comme une illusion commode. C’est l’hypothèse du déterminisme total.

Pourtant, autour de nous, tous les jours, existe une forme naturelle de liberté. Laquelle est compatible avec le déterminisme. Et contrairement à la vieille idée mystique du libre arbitre, centrale dans sa manière concrète de construire notre bien-être et notre société.

Et cette compatibilité n’a rien de paradoxale.

L’approche naturaliste du libre arbitre remonte aux années 1970, et contamine joyeusement l’univers des idées depuis. Il n’existe pas pour le moment de vision dominante, différentes écoles mettent l’accent sur différents aspects. Mais quand on relie les points d’ores et déjà disponibles, une vision globale apparait. D’où le parti de créer un Quotient de Liberté, mesurant la capacité à générer des options, les choisir, et les mettre en œuvre.

et j'peux vous dire que même les scientifiques avaient du mal à se concentrer, à l'époque. ça et la drogue. Beaucoup.

et j’peux vous dire que même les scientifiques avaient du mal à se concentrer, à l’époque. ça et la drogue. Beaucoup de drogue.

Les trois phases du libre arbitre

Chaque part est importante.

Ouais, sans blague. Oui, faut tout lire du coup. Écoutez c’est une traduction libre, les passages chiants je les ai déjà fait disparaitre vous pouvez me faire confiance. Ça a élagué sec.

Premièrement, la capacité à générer des options. Une créature ne voyant qu’un seul cours possible à ses actions, particulièrement si ce cours échoue à son but, n’est pas franchement libre. C’est le cas par exemple d’un robot chargé d’accomplir une tâche d’assemblage et qui l’accomplira bêtement même dans le vide.

Bien entendu le nombre d’options disponibles dépendra des circonstances. Mais également de la créativité et de la flexibilité que l’on peut mobiliser face à ces circonstances. Dans un test demandant de sortir une friandise d’une boite complexe (les scientifiques sont décidément des salopiots), des chimpanzés ont essayé jusqu’à 38 tactiques différentes tandis que le groupe des babouins s’est limité à moins d’une dizaine.

La plupart de ce qui est requis pour suivre une solution à travers un problème correspond à ce que l’on associe traditionnellement à la volonté

Donc il faut la capacité à générer des options. Et, secondement, la capacité à choisir entre elles de manière rationnelle. Peser les pour et les contre. Pour peu que l’information soit suffisante, nous choisissons selon nos intérêts et nos valeurs.

Troisièmement, se tenir à la stratégie choisie. Chose qui dépend bien entendu parfois de facteurs extérieurs (« j’ai décidé de ne plus jamais manger de caramel, et oôh me voilà bloqué sur une île déserte inhospitalière, seul avec trois caisses de caramels. Gnom che ne l’ai pas fait exprès, pourchoi? »). Mais dépend toujours également de la volonté propre.

La première phase est associée à la créativité et l’innovation, à l’ouverture d’esprit. Par contraste la seconde est celle du réalisme prudent. La troisième phase dépend de la capacité de volonté: délayer la gratification.

Si les trois conditions sont remplies alors vous venez d’exercer votre libre arbitre.

Comment mesurer un quotient de liberté?

Nous sommes encore loin de pouvoir établir une telle mesure sur des critères objectifs et généralisés.

Certaines capacités ont déjà des tests établis, comme le « test du marshmallow » pour le self-control: manger un marshmallow, ou attendre et en recevoir deux. Mais mesurer, disons, la créativité? A la limite on peut vous demander de décrire tous les usages possibles que vous voyez à une tronçonneuse.

Ensuite, en supposant que l’on dispose de toute la batterie de test, comment pondérer les différents facteurs pour obtenir un score global? Quelqu’un qui voit peu d’options mais aura la volonté de les mettre en œuvre est il plus libre qu’une personne créative mais moins capable de mobiliser sa volonté?

Il reste que différentes pondérations peuvent se révéler utiles pour différents buts. Dans ce sens, un QL ne serait pas différent d’un QI: ce dernier se compose de quatre pôles.

Et pourquoi, d’abord?

Premièrement, on tient souvent les gens responsables de leurs actes, qu’ils font librement. Quel que soit leur degré de liberté réel. Alors que personne ne demande les mêmes exigences en résolution de problème à une personne avec un QI dérisoire qu’à une personne surdouée, par exemple.

Pour le moment il n’existe pas de consensus pour déterminer ce qui découle d’actes libres ou pas. Les différentes autorités utilisent un panel de mesures subjectives allant de la psychiatrie aux neurosciences, un peu à l’arrache si ce n’est pas carrément à la gueule du client.

Une mesure standardisée apporterait de la clarté dans ces discussions. Et un nouveau regard sur la question de la punition. C’est une prédiction solide que de supposer que la plupart des personnes incarcérées pour violence ont un QL inférieur à la moyenne. De même, et c’est pour cette raison que le « test du marshmallow » a été repris à toutes les sauces, il existait un écart de réussite dans la vie future des enfants, selon qu’ils aient ou non réussi ce test.

De plus, au plan social, nous ne sommes pas tous égaux face au choix: vivre dans un environnement pauvre (sans bonne musique ni rien) conduit à privilégier plus souvent la gratification rapide (ou comme dirait Jean-Mi « un tiens vaut mieux que deux tu l’aura »); vivre dans un environnement riche, à l’inverse, augmente le degré de liberté et la confiance que l’on peut investir dans une longue stratégie (il est bien moins risqué d’investir 100€ en bourse quand on en possède 10000 que quand on en possède 110). La volonté ne fait pas tout, et nous ne disposons pas tous des mêmes espaces de manœuvre pour l’appliquer.

Ce qui a tout de même une légère implication politique et économique. Défendre l’ultralibéralisme et le culte du winner deviendrait vraiment une tâche d’équilibriste bombardé de tomates, pas vrai?

Mais je m'excuse. C'est mesquin de chasser un animal déjà blessé

Mais je m’excuse. C’est mesquin de chasser un mastodonte déjà blessé

Secondement, donc, l’environnement. Le QL aurait beaucoup à offrir pour comprendre les relations complexes entre libre arbitre et liberté sociale ou politique. Le sentiment d’avoir un nombre élevé d’options dépend par exemple de l’attitude des parents, des professeurs, et de la société en général. Pensez aux filles et aux filières mathématiques, par exemple: et ce sentiment d’être moins légitime est si puissant qu’il est décorrélé des notes réelles.

Si les variations d’étendue du libre arbitre découlent parfois ultimement des gènes et du hasard, souvent ces inégalités tiennent à des avantages ou désavantages systémiques. Disons, la différence entre un individu avec la meilleure éducation et une communauté qui lui dit – et surtout présente par l’exemple – que tout est possible, et l’inverse. Il existe toujours l’exemple de l’exception, le self made man. Mais présenter comme exemple central une exception en dit long sur l’honnêteté intellectuelle de ceux qui l’énoncent.

Amoindrir ces inégalités – et améliorer les chances de tout le monde – est donc un but de politique sociale tout a fait légitime. D’autant que notre capacité au libre arbitre est l’élément central qui fonde nos sociétés. Plus précisément via le self control. Résister à la tentation de fracasser le crâne de son voisin, prohiber l’inceste… Sont des éléments capitaux si l’on veut vivre en groupe. Et cela va plus loin que la simple peur de se faire prendre: aucune loi dans ce pays n’interdit de se marier entre cousins, et Christine Boutin fait pourtant rire.

Symétriquement à ces avantages collectifs, promouvoir le quotient de liberté apporte également des bénéfices personnels. L’ouverture à l’expérience, la curiosité (liés à la première phase du libre arbitre) sont associés à une plus grande satisfaction personnelle. Le self control est associé à une meilleure réussite scolaire, des relations plus stables, et une diminution de la violence.

En conclusion

On peut encore à ce stade objecter que tout ceci n’est qu’une farce, que la seule liberté qui existe se trouve au dela des chaines causales de la nature. Chez certains, c’est aussi l’idée de partager une caractéristique de plus avec un poulet qui passe mal.

Pourquoi ne pas nommer ceci « liberté intérieure » ou autonomie », pas vrai? Parce que les mots ont un sens. Et influent sur ce que l’on pense du terme associé.

Même quand les théologiens utilisent le terme de libre arbitre, ils se réferrent à quelque chose de proche de ce que le QL décrit. C’est avec notre volonté que l’on choisi la tentation ou la droiture. Amen. La différence, c’est que contrairement à cette conception absolument libre et séparée de toute influence, nous reconnaissons que même la volonté la plus libre est limitée. Que nous sommes tous ultimement une part de la grande toile des causes et des conséquences. Et que cela n’a rien d’incompatible.

Rien ne sert de disqualifier le libre arbitre au motif qu’il n’est pas comme les théologies anciennes l’ont imaginé. Il est plutôt temps, comme pour le concept d’ « intelligence », de lui octroyer des assises scientifiques.

Cet article est (très) librement traduit de « The Free-will Scale » (Stephen Cave), trouvable sur ce site d’une extrême qualité. Site dont je suis fier de vous offrir des traductions, parce que la connaissance est un bien précieux dont il faut promouvoir la diffusion, tout ça tout ça.

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Ça s’est pensé près de chez vous

Vous connaissez les moisissures argumentatives? Non? You sick motherfucker.

Et ce n’est que la fesse cachée de la Carlsberg, si je puis détourner du proverbe. Il y a pire dans ce monde, PIRE; des choses surnaturelles, œuvre de forces insidieuses. Et ça se passe près de chez toi. Juste chez toi, même. Ne regarde pas par dessus ton épaule.

Je cause des faits divers du bulbe, de la pensée innocente qui gît dans une mare de sang tandis que les limaces boursouflées pleuvent inexplicablement des murs avant de t’exposer au visage. De la pensée zombie qui rôde à chaque instant et viens te fixer la nuit pendant que tu dors profondément. Quelque part dans ce monde une femme en talons hauts écrase des chatons vivants en gémissant langoureusement pour le plus grand plaisir des plus grands tarés.

Mais ça je le dis juste pour m’assurer que vous ayez tous bien les dents du fond qui baignent. Il importe de se mettre en condition pour ce qui va suivre.

Ok, je sais que cette image de Martin Shkreli ça dépasse les bornes. Au début je pensais mettre l'image d'un cadavre horriblement mutilé par un attentat en Syrie - mais c'était bien trop soft

Ok, je sais que cette image de Martin Shkreli ça dépasse les bornes de l’indécence. Au début je pensais mettre l’image d’un cadavre horriblement mutilé par un attentat en Syrie – mais c’était bien trop soft

En même temps ce billet cause d’indécence intellectuelle. Alors il faut ce qu’il faut. Cette chose ci dessus sourit. cette chose a fait augmenter de 5400% le prix d’un médicament listé comme essentiel par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Mais on s’en fout pas mal.

Non non ne culpabilisez pas, sérieux: on s’en fout vu que chez nous la santé est gérée par le publique et que nous sommes donc bien plus à l’abri des « vertues » de la déréglementation (l’auto-correcteur me propose « verrues », c’est étrange). Mais pas pour longtemps parce que…

Attentat contre la pensée numéro 1 : le nivellement par le bas

Bien. Supposez que vous viviez en groupe, comme un être humain sain d’esprit – je vois déjà les asociaux glousser: vous vivez dans une commune, qui est dans une nation… Vous vivez et dépendez du groupe, fuckers – et là PAF un ours Nadine Morano un Nadine-Ours-Morano re-Nadine derrière une attaque. Peu importe.

Deux solutions s’offrent à vous pour résoudre cette crise Morano-ursidée. Primo: se serrer les coudes. Secundo: détaler en rigolant et traitant votre groupe de gros connards. D’ailleurs eux aussi n’ont qu’à détaler, pas vrai? Ouais, les vieilles, les handicapés, les gosses… C’est bien connu si VOUS pouvez courir tout le monde peut, tout ça c’est juste de la volonté.

On y viens, donc: cette tendance – si j’étais bâtard je dirai « ce narcissisme » – à préférer voir son prochain dans la même merde que soi plutôt que se battre à ses côtés pour obtenir les mêmes avantages.

« Pourquoi qu’ils font encore grève alors qu’ils ont déja des avantages ces feignasses? » – Un quidam interviewé « au hasard » face à une grève quelconque

Ces petites merdes osent faire valoir leurs luttes juste pour faire culpabiliser tous ceux qui n'osent pas, chuis sûre. Du coup ça m'énerve, mes gosses rient de moi, mon patron se roule par terre, mon salaire est pas prêt de monter... C'EST LA FAUTE AUX GREVISTES

Ces petites merdes osent faire valoir leurs luttes juste pour faire culpabiliser tous ceux qui n’osent pas, chuis sûre. Du coup ça m’énerve, mes gosses rient de moi, mon patron se roule par terre, mon salaire est pas prêt de monter… C’EST LA FAUTE AUX GRÉVISTES

Je sais pas. mystère. peut être pour sauvegarder leurs avantages? Si possible pour obtenir plus? La feignasse dans toute cette histoire, n’est ce pas la personne qui n’en profite pas pour demander les mêmes avantages – ou à minima soutenir ceux qui réussissent – et qui n’a visiblement jamais entendu parler de l’adage « diviser [les travailleurs, ici] pour mieux régner »? Oh mais j’oubliais, « c’est irréaliste ». Mmh. Avec un partage des richesses encore tout à fait capitaliste et en se basant sur la hausse de la productivité horaire travail depuis plus d’un siècle, la logique voudrait que la semaine de travail soit de 25-30 HEURES (à salaire égal que pour 35h). Et là, je le répète, sans changer nullement le système en place. Je répète encore: le système merdique, spéculatif, qui court façon Usain Bolt à la concentration capitalistique, oui, lui, permet large une semaine de 25h pour les salariés. Imaginez avec un autre.

Je vais finir par y croire, que la France « méprise le succès ». Les acquis sociaux sont particulièrement méprisés, ouep. Je vais encore me faire des ennemis, mais par exemple toute personne quittant la SECU pour « ne plus être un pigeon » est une énorme pintade d’un tout autre calibre aviaire. 1) un système d’assurance collectif fonctionne au mieux quand il est… Ben, collectif. Céder aux sirènes des tarifs allégés quand vous êtes en bonne santé, c’est vous faire entuber grave le jour où vous serez malade. Mais le cancer ça n’arrive qu’aux autres, surtout de nos jours où le seul fait de respirer de l’air urbain vous expose à une liquéfaction des bronches.  2) un système privé a rigoureusement les mêmes contraintes de gaspillage administratif, et en sus 15% minimum de bénéfices à verser aux actionnaires. Si l’expression « panier percé » ne vous parle pas, raison de plus pour rester affilié à un système public collectif: vous n’imaginez pas le montant des frais psychiatriques dans les pays à assurances privées.

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Où bien imaginez juste 5 fois les vôtres avec la méchante SECU, et intégralement à votre charge si vous comptez parmi les 20% de non-assurés (dans le cas des Etats-Unis, « grande puissance » où le terme « sans dents » prend tout son sens quand on peut mesurer précisément le statut social d’une personne à sa dentition)

Pour le dire de manière brève: choisir de ne pas faire confiance à sa communauté sous prétexte que ce sont tous de grosses tanches, c’est prendre avec assurance la tête du peloton des médiocres.

En causant de cons- non pardon. Ah, si, de cons:

Deuxième classe: le glorieux retour en grâce du service militaire

La jeunesse est pleutre et incapable de coder quoi que ce soit de ses dix doigts, c’est bien connu. tenez, Platon lui même le savait déjà. Socrate aussi.

Vous savez ce qu’on a retrouvé sur une des plus anciennes traces écrites de l’Histoire de l’humanité?

« Cette jeunesse est pourrie depuis le fond du cœur. Les jeunes sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d’autrefois. Ceux d’aujourd’hui ne seront pas capables de maintenir notre culture. » – Babylone, 3000 av.J-C

A croire que les vieux ne changent jamais non plus. Douglas Adams vous sauve la mise, gentils fossiles gâteux anxieux qu’on paye vos retraites:

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Pour tous les geeks par simple opportunisme: quand vous vous exclamez « 42 » pour avoir l’air malin, c’est de lui. Si vous ne savez pas que c’est de Dougie, ni de quel bouquin, inutile de lever la main c’est peinant pour tout le monde. Jeee sais que « 42 » est devenu un objet culturel à part entière. Je cause juste pour ceux qui l’utilisent comme gage de geekitude: c’est outrageusement intolérablissime.

Mais revenons-en à notre chair à canon. Intéressons nous tout d’abord à l’aspect pratique. Le service militaire sert à? Entrainer des civils pour qu’ils soient enrôlables en kit le jour venu. Ok, j’ai rien à dire là dessus, c’est tout logique. Je vais passer outre les basses questions budgétaires qui rient déja…

La guerre a changé, les gars.

Depuis 1915 même les plus sourds des généraux l’ont admis: on envois pas sa jeunesse danser la tektonik devant des mitrailleuses, ce n’est rigolo qu’une fois ensuite c’est lassant. En conséquence la quantité d’armement, de goodies (genre des grenades), de protections à fournir au peloy moyen a explosé par la suite. On vit en démocratie, faut comprendre. Surtout depuis que les mères de famille votent. Un coucou habituel aux non-votants paske-ça-sert-à-rien: vous observerez à l’occasion le fric engagé per capita (par soldat, ici) dans une démocratie et dans une autocratie… Dans un des deux systèmes, on peut se permettre d’aller faire tuer vos gosses vu qu’on s’en branle; dans l’autre non, tout patriotiques qu’ils soient les parents de soldats morts votent rarement en faveur du boucher, même en cas de victoire.

Bref. Ainsi donc la guerre changea dans le but d’éloigner au maximum les enfants d’électeurs – eux-même électeurs – de ce sublime obus qui oh mais oups on en a perdu un. Je suis donc POUR un service militaire si on file un char ou un drone personnel à chaque boutonneux en lieu et place de son fidèle fusil qui ne lui servira rigoureusement à rien.

A part servir de cible idéale à tout, bien sûr. Finir atomisé, gazé, anthraxé, fou, pilonné depuis les airs, pilonné à l’uranium puis fou, pilonné au phosphore, au napalm, nucléarisé, rendu gay, et je suis certain que d’autres choses exotiques trainent dans les cartons. D’autant que le jour où une guerre nécessitant 2 millions d’appelés aura lieu, je peux vous dire que les QG seront plus qu’impatients d’enfin tester tous leurs chouettes super jouets.

Même l’image du héros, oubliez. Ça a l’air easy vu des infos du soir, de dégommer un tank au lance roquette? Voui. Ils en ont parlé une fois durant la guerre d’Irak, ouais. Vu que ça n’est arrivé qu’une fois.

Je vous propose cette page où des vétérans expliquent en détail les dizaines de contre-mesures possibles pour atomiser les joyeux lanceurs de pétards, du laser au barrage de grenades en passant par le tir de réponse automatisé (les fourrés ne vous sauveront pas).

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50 nuances de nope

« On leur apprend à piloter des tanks, alors »

… Pour se les faire bousiller à la première IEM venue? Non mais eh. Ça coute, ces trucs.

Bref. C’était le point technique. A partir d’ici tout argument pro-SM (j’ai pas pû résister) est 1) budgétairement rigolo 2) politiquement dangereux 3) d’une efficacité pratique que je cherche encore.

Et la morale dans tout ça

Il faudrait voir à cesser de confondre morale et dressage. Si nos charmants électeurs FN ont un soucis avec la morale des jeunes, qu’ils militent pour plus de philo et d’éducation civique – si si, ce truc que vous avez fait une demi heure sur 4 ans de collège, quand il y avait le temps.

Et la bogossitude dans tout ça?

Un uniforme c’est beau, y en a à qui ça plait. Qu’ils s’engagent, et ils le font. Qu’ils laissent tous les autres en paix, merci.

D’ailleurs, et là c’est une observation personnelle: est ce l’uniforme qui pousse à sortir à 50 pour aller taper, mmh, oh ben ce qui passe, et commettre un nombre anormalement élevé de viols collectifs, ou bien les décérébrés qui ont trouvé l’uniforme comme meilleur moyen de vivre entre eux? La question reste en suspend. Je ne sais même pas quel lien mettre tellement ça grouille. Allez, du soft. Et qu’on ne m’accuse pas de « ne pas respecter les gens qui sauvent des vies :3 « , je respecte éminemment ces métiers, c’est justement pour ça que je serai ravi que les branques cessent de les prendre comme excuse pour se comporter comme des hyènes en rut commettant exactement ce qu’elles prétendent combattre.

Mais certes, il faut bien des héros de civisme pour nous protéger de…

L’INVASION

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Oh shit pardon, et mes excuses à la reine, cet homme est évidemment Sadiq Khan, le favoris aux élections municipales londoniennes et absolument pas un de ces euh… Mais si, EUX là. Je ne suis pas raciste, surtout pas, mais reconnaissez que…

(parenthèse: dans la contradiction la plus totale, les racistes diront un coup que les primo-arrivants sont bosseurs mais que ce sont leurs enfants les problèmes: Sadiq Khan ici présent est fils d’un immigré paki; et un coup qu’ILS ne posent pas de soucis mais que là vraiment les nouveaux non on peut pas, parce que euhm… merde on va trouver quoi? Ah, ouais, ils sont pâkomnou. Sadiq est un anglais pur jus et qui plus est il compte battre un fils de milliardaire aux élections, là)

(parenthèse encore, je craque, faut que je vous le dise: les électeurs lui font le plus confiance sur les questions de sécurité, d’antiterrorisme, et d’immigration)

Ils arrivent. EUX. Je n’ai même pas envie de devoir encore rappeler toutes les raisons économiques, sociologiques, historiques, culturelles… Pour lesquelles l’immigration est une chance, une force, un honneur et pris comme tel par pas mal d’immigrés qui malgré les quolibets des indigènes se donneront à 200% pour prouver qu’ils sont dignes d’être leur concitoyen, à ces mêmes imbéciles. J’aurai craqué avant, perso.

Malgré le fait que l’Empire romain soit tombé par son refus d’accueillir des populations migrantes pacifiques (lesquelles ont fini par forcer la porte) en les gérant à l’inverse comme nous, contrairement à ce que le scolopendre moyen s’imagine (à savoir que le scolopendre moyen est resté sur le terme « invasions barbares » obsolète depuis un bail); malgré les immigrations Belges, Italiennes, Polonaises, et j’en passe, dont on ne cause plus aujourd’hui mais qui donnaient LES MÊMES unes de journaux que la vague actuelle… – Pourtant le pays existe encore, je crois? On ne s’est pas christianno-polonisé – etc etc…

Non. Malgré le fatras accablant de preuves, exemples, raisonnements… L’imbécile moyen est raciste et anti-immigration, sautant sur tous les biais possibles et faits falsifiés (comme toujours) pour l’appuyer.

Attention, les gens ont toujours des raisons. Y a même des raisons marrantes.

Comme quand il n’y a que les hommes immigrés qui leur posent soucis. C’est répandu, celui là, c’est un marrant. Un individu en insécurité sexuelle verra toujours mal le nombre de ses concurrents croître. Surtout que ces concurrents sont pas des sous-doués: faut des couilles pour braver le désert, les tempêtes, les trafiquants, les flics, voire pire, avant d’arriver. Chose que le raciste de base n’a visiblement pas. Sauf quand, dans une espèce de vengeance symbolique, il ira s’achet- rencontrer une femme « de là-bas » bien obéissante, suite à son divorce avec Claudine. D’ailleurs c’est fou à quel point la sexualité (fantasmée) des migrants est décortiquée par leurs détracteurs. A croire qu’il y a un schéma profond et qu’ils fassent une sorte de projection. Bref.

Je freudise, direz vous. Oui. D’ailleurs je n’ai pas causé un instant de raisons économiques ou socioculturelles, parce que flemme. Je ne prétend pas que cette explication soit la seule ni la plus grosse, je ferai juste remarque que le raciste a souvent des problèmes avec les autres en proportion de l’agressivité de leur séduction et de la taille de leur pénis. Et base les deux sur des ouï-dire.

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… Comment ça « quel rapport avec le racisme et les racistes? » Aucun. je n’ai rien dis, moi, hein, je dis juste qu’il faut ADMETTRE que SOUVENT ben… Ils posent soucis. Non et puis quand il y en a un ça va, hein, je dis pas. Mais quand il y en a plusieurs à picoler du pastis en gueulant, là, je veux bien être tolérant mais c’est pas notre culture supérieure ça… Tenez, là, Zemmour l’a dit: « il faut bien reconnaitre les chiffres: la plupart des actes criminels violents sont le fait d’alcooliques », c’est chiffré, c’est pas moi qui le dis.

Le point juifs

Il en faut un dans tout article à la con, c’est marqué quelque part. Je ne sais pas pourquoi. Ça fait tellement longtemps, vous savez, personne ne sait plus bien pourquoi y a autant de bruit autour des juifs. Un genre de tradition.

Je ne dirai que ceci. Imaginez la vision de la « crise migratoire » actuelle.

Pas dur, on vous en parle tous les quarts d’heure pour faire oublier les vrais enjeux.

Imaginez maintenant des juifs dans les années 30.

Fusionnez. Non ce n’est pas du papier à décalquer mental, c’est simplement le MÊME traitement médiatique et populaire. Personne ne voulait de cette population infiltrée par le terrorisme et la bassesse et puis d’abord moi je me battrai au lieu de fuir pas comme eux et-pis-on-est-déja-en-pleine-crise… Et sur internet au bistro j’ai vu les preuves… Et caetera. Et caetera.

Conclusioning

Il manque des points. Mais vraiment cet article doit cesser 1) avant de me filer la gerbe 2) avant que la somme de ce blog ne finisse de m’aliéner 761% au moins de la population pour une raison ou une autre.

J’aurai pû narrer la colonisation fascinante des esprits et des valeurs morales par la publicité. Surtout de ceux qui assurent que « ça ne marche pas sur moi ahahah », oui ohohohoh. Colonisation qui constitue une vague de crime contre l’humanité à elle seule.

Ou le « retour aux fondamentaux » à l’école, au moins aussi retardé que de vouloir remplacer les notes par des nounours en chocolat. Au moment où Hong Kong, exemple s’il en est en terme d’école sage-polie-et-qui-fonctionne-sans-gauchiasses, se lamente de ne toujours pas voir les scores de ses élèves BAISSER aux tests internationaux, se tord à l’idée de ne savoir faire rien d’autre que des éponges vivantes sur-diplômées.

Trop de choses se pensent près de chez vous.

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Les 4 Accords Toltèques: imposture à l’ombre des pyramides

D’ailleurs on vous ment sur le titre et il existe un cinquième accord. Les chamans c’est comme le reste: s’il y a moyen de vous faire acheter plus de papier surfacturé issu de la déforestation, ça leur va.

Publié en 1997, Tintin au Mexique- euhm les Quatre Accords Toltèque nous narre les palpitantes chamaneries de Don Miguel Ruiz.

Quand à l’éditrice qui signe la préface, en parler aux acheteurs serait comme parler de bœuf mariné à des vegans, c’est à dire rigolo mais cruel. Rien que la toute première phrase, damnit

Ma première rencontre physique avec Don Miguel Ruiz remonte à 1991

Autant vous dire que l’implicite dans « physique », c’est pas « on s’était d’abord vu sur skype ». Non. Elle avait su en rêve auparavant qu’elle ajouterai un autre fou furieux à sa lucrative collection d’élucubrations littéraires.

« Tu es un ange » furent ses premiers mots, et quelque chose en moi se mit à bondir. Enfin quelqu’un qui me reconnait! »

Oui. In extenso. Quand les hippies muent en capitalistes, certains reçoivent Steve Jobs, nous on produit ça. Ce pays va mal.

Les Paztèques

On entame pourtant gentiment, un recap sur les Toltèques. Récap aberrant qui a pour seul mérite de souligner que ce peuple n’était encore que semi-sédentaire, leurs « villes » étant pour l’essentiel des lieux de regroupement marchand ou cultuel a des dates précises de l’année, abandonnés le reste du temps. Merde, même ça c’est faux. « C’était des scientifiques et des artistes ». En effet leur réputation restera puissante bien après leur disparition. Mais je précise aussi qu’ils étaient au centre d’un large réseau commercial, et qu’un des plus gros sites archéologiques qu’on leur doit est une véritable usine à pointe de flèches en obsidienne.

Et voici, au final, le seul soucis qui dominera mon texte. Don Miguel est bienveillant, Don Miguel est de bon conseil, mais il ne dit que la partie qui l’intéresse et pas le reste. Et livre des « vérités » sans mode d’emploi ni liste de contre-indications. Un peu comme si je soutenais, et ça se tient, que le meilleur de faire un bon barbecue c’est d’y aller au lance-flamme (à 1min44, pour les vegans).

Ou quand la carte "Etes vous alcoolique? Nous pouvons vous aider" renvoie à un service de livraison d'alcool à domicile.

Ou quand la carte « Êtes vous alcoolique? Nous pouvons vous aider » renvoie à un service de livraison d’alcool à domicile.

Étape une: la Nature est bonne, l’Homme est perverti

Un jour il faudra vraiment tous leur expliquer que nous faisons partie de la nature au même titre que les pandas, et que celle ci n’est pas une figure personnifiée mais juste un mot pour désigner l’opposé de « la culture« . Donc la nature n’est ni bonne ni mauvaise et même si c’était une entité elle s’en ficherai royalement. Oui je suis agacé. Figurez vous que j’ai par hasard lu intégralement les 4 accords Toltèques avant de décider d’en causer. Bête concours de circonstances qui me mène à diverses formes de facepalms, soupirs, et autres impatiences.

Tous nos rêves forment le grand rêve de la planète. Il était mignon. Or la culture a tout foutu en l’air. La société, l’école, les parents, les religions, le langage lui même, ont décidé de niquer vos rêves et méchamment les tordre pour les faire entrer dans le moule. Pourquoi? Mystère. Mais-c’est-comme-ça.

Oui les new-age partagent aussi ceci avec Hitler (c’est un point Godwi- « oh ta gueule c’est lassant cette mode »). Savez, et son idéologie qui kiffait la Nature, le paganisme, et justifiais que si l’Homme est un loup pour l’Homme alors il est Naturel pour les forts d’exploiter, castrer, gazer les faibles. Donc point 2) comme chez Dolfi, ici aussi on retrouve l’idée de la génération spontanée du mal. Le mal existe parce qu’il est mal.

Vous n’avez pas choisi vos valeurs, vos croyances, [etc] ni même votre nom

Atroce, hein? Et c’est la première punchline du bouquin, genre que tata Suzanne resservira pendant 30 ans aux fins de repas, ébahie, comme sortant une bombe, parce que ça aura guidé sa vie.

C’est drôle, vu que cette énooorme vérité se brise facilement.

Ouais. La science. Comme toujours. Déboulonneuse de nawak since toujours

Ouais. La science. Comme toujours. Déboulonneuse de nawak since toujours

En tout cas, exemple, me semble qu’il existe un âge qui suit immédiatement l’âge où il est nécessaire d’être moulé par son environnement (aka l’enfance), même que c’est pas le Mal mais un avantage évolutif. Cet âge magique, donc, qui suit ça, vous en gardez de chaleureux souvenirs d’acné purulente et de tehon diverses. Mais c’est aussi l’âge où à l’inverse de l’enfance vous choisissez tout. Votre nom (coucou Don Paco Azteco, tu sais que les gens choisissent TOUS jusqu’à leur [sur]nom?), votre langage (quitte à inventer des mots de merde), vos valeurs, vos relations, la couleur de votre string et quel sexe le verra, ainsi de suite.

Plus loin, image frappante, l’auteur parle donc de « domestication » de l’humain. C’est gravement confondre apprentissage et domestication, mais eh, tant pis ça se vendra quand même. Don Miguel Ruiz ayant fait médecine, j’espère sincèrement que c’est la partie traduction en français qui a merdé sur « domestication ». Réduire l’apprentissage à un système behavioriste simple de « punition/récompense » trahit en tout cas une chose. Dans la tête du con actuel, un enfant est forcément à portée de baffe / de susucres de ses parents ou d’une autre autorité. Yay. Bonne nouvelle pour la liberté, le jeu, la découverte et l’autonomie.

C’est balayer tout le reste, comme au hasard le rôle central de l’imitation dans l’apprentissage, fonction réflexe, qui s’active sans être liée à l’attente d’une récompense ou la crainte d’une répréhension. Don Miguel nommerait ça un syndrome de Stockholm. Moi je soutiens que si tout le monde marche comme ça ce n’est pas à cause du Mal, mais parce que c’était une stratégie évolutive gagnante.

L’auteur passe ensuite tout le reste du chapitre, fasciné, à faire découvrir avec enthousiasme le surmoi en croyant qu’il invente l’eau chaude, eau qu’il sépare en deux parties tel Noé non merde l’autre de manière confuse: le Juge et la Victime.

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Je vous passe le baratin habituel qui vient avec. Merde on se croirait dans une pub moisie sur le net « un docteur mexicain a une astuce étonnante que les méchants haïssent ». Sauf que là on a DÉJÀ acheté – s’est fait offert, si l’on est chanceux – le produit vanté.

Mais passons dès maintenant au premier des accords.

« Que votre parole soit chiante à mourir », ou l’ataraxie mal comprise

Non: soit impeccable. J’eusse écrit 4 principes qui résument tout, c’eut été « que votre parole soit franche, accompagnée de rires chauds dans la voix, pétulante de vie et d’intérêt pour votre prochain et pour le monde », mais cela devait probablement être trop long.

On retrouve les classiques du genre, qui mènent à désigner de façon péremptoire – et sur la forme seule – des personnes « toxiques » et d’autres saines. A cette imbécile de CNV (communication non-violente). Ainsi probablement qu’à mourir d’un ulcère à l’estomac après une vie passionnante à jouer poliment au scrabble.

Bref il faut parler gentil pour créer un monde gentil.

Je vais émincer direct ce que j’en pense de bien: les mots ont un sens, je suis le premier à le clamer. Ce que l’on pense devient ce que l’on dit puis ce que l’on fait et inversement. Bien. Je vous sort ça en deux lignes et Miguel en 30 pages, mais soit. Le reste, maintenant.

« La parole est si puissante qu’un seul mot peut tuer des millions de personnes » – page 38 –

On parle évidemment de ce cher Adolf. Et en évacuant toutes les causes sociales, historiques, économiques, et j’en passe… Qui ont menées à la seconde guerre mondiale. Pratique, hein? Vous connaissez l’implicite, désormais: le Mal a œuvré et seule la parole a compté. Mais il y a mieux:

« Tiens la couleur de ton visage est celle des gens qui vont avoir un cancer » – page 39 – « s’il écoute cette parole et s’il est d’accord avec, il aura un cancer dans moins d’un an. telle est la puissance de la parole »

Ouep. La drogue, parlez en à votre médecin. Le cancer aussi, d’ailleurs. Lui vous filera plutôt un traitement adapté, eh, pas de panique, la plupart des cancers sont désormais bien soignés. Sauf qu’en vous « jetant un sort » – page 39 – tout ceci n’est que mascarade car quand votre médecin vous dit plus clairement « vous avez un cancer » c’est clairement qu’il veut vous tuer. Le fourbe.

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Ca? Oh, rien. Je teste la validité des thèses de Don Miguel Ruiz sur mes lecteurs. Mais non, pas vous. Vous n’êtes pas un lecteur vous. Vous êtes un être de lumière qui partage mon chemin en cet instant du cosmos, rien à voir, relax.

A ce stade il est grand temps de se demander si cette lecture est bien sérieuse? Les pages suivantes, qui se résument à de la flatterie commerciale (« quand on vous dit stupide n’y croyez pas vous êtes évidemment très malin petites fleurs soleils tartines de miel »), répondent à cette question. La réponse étant: « oh oui! enfin quelqu’un qui sait me flatter parler! », apparemment.

Le reste du chapitre s’applique à vous expliquer la méthode Coué pour les nuls et vous enseigner des distorsions de stoïcisme. Et là je ris. Cet accord, les 3 autres aussi, correspond aussi à un principe stoïcien et/ou bouddhiste (pas sa version disneyland occidentale: le vrai). A croire que dans le monde entier, chaque philosophie locale – qu’elle soit Toltèque ou autre – a déterminé de bons principes de vie depuis au moins 2000 ans. Et que ceux ci sont tellement justes qu’on les retrouve aussi dans la psychologie moderne. Seulement « juste » ne veut pas forcément dire « complet en soi ». Ces principes s’inscrivent dans un système, et sont des conseils, pas des cadres de loi. Les redécouvrir pour en faire de la soupe vendue sans mode d’emploi ni liste des contre-indications est dont au minimum tordu, au pire malhonnête.

« Quoi qu’il arrive, ne branlez rien »

Pardon. « N’en faites pas une affaire personnelle ». Encore une fois c’est GLOBALEMENT un bon conseil. Mais vous savez qui ne prend jamais rien personnellement? Les cailloux. Eux sont placides. « Mais eux ne sont pas vivants! » Ok, ok… Les légumes? Les comateux? Les ivre-morts et les camés en somnolence? Oui, eux aussi.

« Vous n’êtes aucunement responsable de ce que les autres font. Leurs actions dépendent d’eux mêmes. Chacun vit son propre rêve » – page 54 –

Les goulags sont ils donc si loin pour qu’un pékin sorti de nulle part puisse sortir ça avec sérieux? La liberté n’est pas une chose immanente, mais le fruit de luttes – sous toutes leurs formes – qui sont arrivées justement parce que les gens… Ont pris personnellement le fait d’être asservis, par exemple. Rah, les imbéciles! Au moins en Inde ça fonctionne encore et si l’on est intouchable il faut le prendre avec le sourire. Ne pas en faire une affaire personnelle.

  • Un point clé: l’auteur attaque beaucoup les religions moralistes d’avant – chez lui surtout le catholicisme, donc -. On peut même dire que pour avoir le bulbe fertile à ses accords, mieux vaut être déjà dans le business et s’être choisi une marque ou l’autre de Dieu au supermarché des croyances. Vous savez quoi? Quand Nietzsche a dit « Dieu est mort » il avait raison. Quand Malraux a dit « le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas » il avait raison aussi. Pourquoi, demandez-vous. Parce qu’à la religion-type paternaliste (et donc pas jouasse, vengeresse, et castratrice, mwahahaha) a succédé – vu que Papa est mort – un vide. Dans lequel vous êtes devenu vous même Dieu. Dans la religion de Don Miguel et les autres fêlés, mais aussi dans l’idéologie néolibérale par exemple, vous êtes votre propre Dieu, qui doit être parfait en tout, tout narcissique, tout joli et fort et intelligent, et ouh à ne surtout pas critiquer et les gens qui (vous) critiquent cémal. Un Dieu personnel qui bien entendu ne vas pas se punir lui même, hein? Les limites, la morale, les règles, la société, tout ça aussi cémal-et-depuis-je-ne-vote-même-plus.

Et paf à l’enfant-roi né de ce changement succède l’adulescent-Dieu, aboutissement du grand délire.

Peut être que l’expliquer comme ça marchera? Qui sait. Si vous touchez à ces délires, posez vous la question avant de prendre la mouche (de prendre… personnellement?) parce que j’ai dit « délire ». Bref, ça a été l’objet d’autres billets ici et le sera à nouveau. revenons à nos toltèques.

"oui mais ma star préférée l'a dit ausssiiiiiiiiiiii wooohoou". Chouette.

« oui mais ma star préférée l’a dit ausssiiiiiiiiiiii wooohoou ». Chouette. D’ailleurs en l’occurence Jack Nicholson n’est pas précisément un excellent exemple de sagesse.

Bref bref. Second accord, donc, nier absolument le fait que les jugements des autres nous constituent et servent de moteur à bien des choses. Qu’est ce que cela a de mal? Si Jennifer/Roberto ne craquait pas pour les musicos, auriez vous été aussi appliqué à la guitare à 14 ans? Si je me ballade nu dans la ville avec comme seul vêtement un étui pénien en hamster vivant véritable (HVV, certifié bio), le jugement des gens ne compte pas?

« si il compte mais fôpa en faire une affaire personnelle! Tu as mal compris le petit monsieur mexicain ». Ah donc l’évolution nous aurait doté de toute une batterie de moyens de reconnaitre et émettre des jugements, de les traiter, de les garder en mémoire, comme ça pour se marrer? Tiens.

C’est comme, par exemple, la rage. La rage ne sert à rien et ne peu pas constituer un moteur sain pour (soyons fou) se surpasser, se sortir d’une déprime, etc. La rage est un raté de l’évolution aussi, faut croire. d’ailleurs tout ce concept d’évolution hein au final… Et surtout cessez d’essayer de vous comporter en adulte autonome et reprenez une louche de conseils bidons achetés au rayon « développement personnel » de la multinationale du livre la plus proche.

Mais j’oubliais. Quand je tape un neutre « jugement des autres » sur l’ami google, je tombe sur des pages entières de coaching. Simple coïncidence, je suppose. Si vous aimez bien les coachs, tiens, cliquez ici. Merci.

« Et penser tout court, ça ne sert à rien non plus »

Arhm pardon, c’est « ne faites pas de suppositions ». Je lis cette phrase je suppose déjà une vanne impliquant des suppositoires, esprit malade que je suis.

Perso je dirai « faites les suppositions que vous voulez de toute façon le cerveau humain passe son temps à ça« . Simplement pensez à communiquer derrière. Si vous supposez qu’untel vous snobe parce qu’il ne vous regarde pas et ne vous a pas dit bonjour, suffirait peut être de lui parler pour comprendre en 2-2 que c’est de l’anxiété sociale et pas l’inverse.

Plutôt que de cesser de base de penser (bon courage. Je ne vois que la pendaison ou le Bain-Claude-François pour y parvenir efficacement).

Et maintenant l’inverse, ce qu’autrui présuppose de vous:

« Si vous ne m’aimez pas comme je suis alors au revoir, trouvez quelqu’un d’autre » – page 70 –

Bravo. Outre expliquer le niveau spectaculaire des divorces et la fragilisation de l’amitié en milieu moderne, ce beau morceau de nawak fera de vous une personne seule, narcissique, et chiante. Pourquoi? Parce que c’est nier l’expression de rapports de force sains et normaux. Pourtant encore une fois le principe est sympa. Et encore une fois je vais sortir ce qui devient un gimmick: « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

Pour prendre une image, il fut un temps où l’on tentait de réparer les objets cassés, avant de les jeter. Ici ça se nomme pouvoir communiquer de tout avec franchise. Si en effet cela n’est pas possible, alors oui autant appliquer cette phrase. Mais ça n’exonérè pas d’essayer.

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Le prochain stade des « images à phrases coucouille dessus »

Faites toujours de votre mieux

Celui ci je n’y ai pas salopé le titre. Non je ne fatigue pas, voyons. C’est juste qu’il n’y a pas grand chose à y redire qui n’ai déjà été dit plus haut, surtout sur la forme. Sauf ça, niveau fond du propos:

« Faites toujours de votre mieux. Ni plus, ni moins » – page 75 –

C’est pas avec ça qu’on aurait inventé le feu, encore moins l’étuis à banane en plastique rouge. Ne pas se taper dessus en se lamentant qu’on aurait du faire mieux c’est chouette. Mais le reste du temps, autant essayer de se surpasser. Ça donne du sel à la vie, non?

Encore une fois je reviens à mon point sur le stoïcisme, bouddhisme, et all. Nul besoin de peinturlurer des « rêve de la planète » et dieux Paztèques pour expliquer ce qui devrait vraiment relever de la banalité: faites quelque chose plutôt que rien. Toujours. La vie consiste à ça, et passe son temps à faire ça depuis 3 milliards d’années. On est programmé à cela depuis tout ce temps, et c’est comme ça qu’on se sent bien.

La fin du chapitre se consacre à des élucubrations mystiques incluant « eh Dieu! Je t’aime » (textuellement) ou autres trucs sur « devenir un guerrier ». Voilà voilà.

« Devenez enfin un gros nazi », où l’on achève le safari

« Briser les vieux accords ». Voyons voir ça.

« La véritable liberté est de pouvoir être libre d’être qui nous sommes vraiment » – page 89 –

Alors là observez, je répond machinalement et d’une seule main: et si on est un dangereux psychopathe pédophile fan de Michel Sardou? Là aussi il faut être free d’assumer ce qu’on est? Voilà ce qui arrive quand on présuppose la Nature comme bonne, Don Miguel.

« Si on regarde un enfant de deux ou trois ans, on voit un humain libre » – page 89 –

Tu dois parler de ces versions pas finies d’homo sapiens, celles qui ne sachant pas encore ce qu’est la mort n’hésitent pas à la souhaiter aux autres ou provoquer le mal en riant, dépourvues de code moral qu’elles sont? Chouette. Bis répétita, présupposer (ohohohoh, l’auteur présuppose) que la Nature est bonne et la culture mauvaise mène à de pathétiques erreurs de jugement.

Un enfant de cet âge n’est ni libre ni asservi, ni bon ni mauvais, il est Naturel. Au delà du bien et du mal. Ainsi on ne peut lui en vouloir d’être con. Et s’il passe ce stade de son développement ex-utero, c’est précisément pour qu’on puisse lui apprendre des trucs et terminer de le former. Ce que tu nommes « domestiquer », Miguel.

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Parfois le sujet adulte vas jusqu’à s’inventer un double joué par Brad Pitt pour continuer ce taff. Dans un film qui, tiens, bien que parfois bourré de merde aussi, a au moins le mérite de prendre les choses dans le bon sens: « vous n’êtes pas un flocon de neige unique, vous êtes fait de la même matière pourrissante que n’importe qui d’autre ».

Bon ensuite un petit « chacun a sa propre vérité » et là je suis las d’expliquer pourquoi c’est une pensée grotesque, par définition même.

Et on termine par une sorte d’acceptation voilée de l’absurde, « embrasser l’ange de la Mort » (page 106), qui est déjà un pas timide dans la bonne direction.

A savoir fermer ce satané bouquin.

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Oh merde il reste encore 10 pages de prières. Oui, de prières concoctées par l’auteur.

Sauvez moi de toute cette bonté pitié, ça me brûle pareil que l’ail les crucifix et les lieux de culte. Allez savoir pourquoi.

L’Art de faire taire les cons, où comment finir détesté de tous (1 à 12 / 36)

Le sujet du jour – malin que vous êtes, vous l’avez déjà deviné – est donc l’éristique.

Non, je déconne, bien évidemment. Aujourd’hui on va apprendre à faire fermer leur gueule aux cons. Ah, là j’vous sent accroché! Pourtant c’est exactement cela, l’éristique. « L’art de la dispute et du débat », et pour les mieux pourvus par la nature: l’art d’avoir toujours raison. Cet article s’appuie donc tout bonnement sur « La dialectique Eristique » d’Arthur Schopenhauer, ouvrage dont la maison d’édition a eu le délicat bon sens de traduire le titre en français, à savoir « L’Art d’avoir toujours raison« . Et de finir détesté de tous, donc, visiblement, comme ce cher Schopenhauer mort d’aigreur et de pessimisme en léguant toute sa fortune à son caniche Atma.

"Le monde n'est que volonté et représentation où l'homme est destiné à souffrir, s'ennuyer et mourir" - Arthur Schopenhauer

« Le monde n’est que volonté et représentation où l’homme est destiné à souffrir, s’ennuyer et mourir » – Arthur Schopenhauer

Je ne résiste pas à la perspective d’égayer votre journée, si ce n’est votre existence, en citant ces autres mots du monstre en question. Si c’est vraiment trop dur, relisez les en prenant la voix la plus débonnaire de François Hollande ou de Cyril Hanouna, ça devrait mieux passer.

« La vie est le processus constant de mourir »

Enfin bref. Mon objectif ici n’est pas de faire parler les morts – même avec une voix rigolote – surtout pour ne sélectionner qu’une vision tronquée de leur pensée afin de faire rire.

Non. Le but ici, c’est de devenir une machine de guerre du débat, un enculeur olympique de mouches, de faire baver de rage les trolls, et enfin – ENFIN –  prendre le dessus quand vous argumentez avec (belle-)maman. On va me dire: c’est de la manipulation. Oui. Et comme le souligne astucieusement Schopinou, dans le camp de Machiavel et en opposition par rapport à ses inspirateurs Platon ou Aristote: « Ranafoutre« . Non mais eh, si vous avez des cas de conscience dans le genre pacifisme allez vous occuper par là au lieu de poser des questions et jouer l’irréprochable.

également la réaction classique de soulagement des gens du bon côté du débat - le mien, donc - quand je débarque et applique les astuces de Schopinou. Si Si.

également la réaction classique de soulagement des gens du bon côté du débat – le mien, donc – quand je débarque et applique les astuces de Schopinou. Si Si. Ou bien la rage du troll qui m’a pris pour un pote avant de comprendre trop tard que non?

La fin justifie les moyens. Si vous êtes altruiste, ces méthodes vous serviront aussi à faire pleurer les complotistes, remettre les extrémistes à leur place, enrayer le vote FN et autres noblesses d’utilité publique. Si vous êtes quelqu’un de bien, au contraire, utilisez utilement vos nouvelles connaissances pour auto-justifier n’importe quel délire possible et devenir gourou, éditorialiste, ou chef de parti à l’assemblée. Dernier point, et là je m’adresse à mes congénères mâles: ne faites jamais ça en couple, malheureux. Les femmes intègrent « L’Art d’avoir raison » en moyenne au stade de fœtus, quelque part entre la perte de l’appendice reptilien et le développement des oreilles. Soyez pas kamikaze. Non, en couple, appliquez plutôt Sun Tzu.

Cette page entame sur les points 1 à 19 sur 38 de « La Dialectique Éristique » d’Arthur Schopenhauer.

1.L’Exageration

« Étirer l’affirmation de l’adversaire au-delà de ses limites naturelles, l’interpréter de la façon la plus générale possible. Ceci est particulièrement aisé avec des gens qui font des assertions généralisantes. »

Pas dur. Si x critique un chinois, traitez le de raciste. C’est évidemment bien plus simple s’il traite de base tous les chinois de fourbes.

Il est surtout intéressant de savoir comment CONTRER ce stratagème, vu qu’il arrive souvent le premier chez l’adversaire. Typiquement, si vous avez envie de répondre « non mais eh, me fais pas dire ce que je n’ai pas dit » c’est qu’on vient de vous faire le coup. Pour éviter cela il faut établir un punctus (le point débattu) clair. Schopinou prend un exemple avec la ligue Hanséatique. On est plus au temps de Napoléon, gros.

Bon. Exemple vulgarisé:

« Tous les rappeurs de style West Coast sont des êtres exceptionnels »

« Excusez moi cher ami, mais accordons nous à dire que Doc Gyneco est un sinistre alvéopyge. »

« Bien évidemment. Seulement, n’étant pas né en Californie, Doc Gyneco n’est pas à proprement parler un rappeur West Coast. »

Normalement ça passe. Alors que vous êtes en tort. Pour avoir raison il aurait fallu supprimer une approximation du punctus, (ici: « de style West Coast »)

Ou bien répondre "J'ai parlé des villes Hanséatiques allemandes, buse. Danzig était une ville Hanséatique polonaise!" histoire de perdre l'interlocuteur

Ou bien répondre « J’ai parlé des villes Hanséatiques allemandes, triple buse. Danzig était une ville Hanséatique polonaise. » histoire de perdre l’interlocuteur

2. Jouer sur les mots

Utiliser l’homonymie pour étendre artificiellement une affirmation et pouvoir la réfuter facilement. Si vous avez suivi le point 1, plus une affirmation est large plus elle est complexe à défendre. Tentez de défendre en bloc « le féminisme c’est génial » ou « le féminisme est un tissu de calembredaines » pour voir.

« Je suis contre le terrorisme! »

« Ah? Dans ce cas pourquoi as tu un drapeau bleu-blanc-rouge sur Facebook? La France et la coalition « démocratique » font aussi exploser des bombes en Syrie »

Là, l’interlocuteur a joué sur le mot terrorisme, pour arguer que vous êtes un hypocrite. La parade est de le renvoyer à la définition: « Le terrorisme est l’emploi de la terreur à des fins politiques, religieuses, idéologiques ou crapuleuses ». Ce qui exclut des opérations de guerre ciblées, dont le but opérationnel n’est pas de terroriser des innocents.

Que ceux qui ont fait semblant de lire Chomsky se rassurent: oui l’Occident a fait du terrorisme. Établir comme doctrine active de bombarder sciemment des civils à des fins de terreur, on est en plein dans la définition. Mais ce n’est pas le cas actuellement, pas depuis que le Viet Nam a démontré qu’un État démocratique ne pouvait plus être aussi ouvertement barbare sans risquer la guerre civile. Continuez à vous plaindre quand même, cependant, ça mange pas de pain et du chemin reste à faire.

Que ceux qui ont fait semblant de lire Chomsky se rassurent: oui l'occident a fait du terrorisme. Etablir comme doctrine de bombarder sciemment des civils à des fins de terreur, on est en plein dans la définition.

« Nous on terrorisais pas avec 3 pauvres kalach’, gamin. 120 morts!? Pfeuh. La journée habituelle d’un seul B-52 par temps de pluie. Un quart de B-52, avec du napalm »

Si vous vous faites la réflexion que j’ai moi même joué avec le mot féminisme un peu plus haut pour insinuer qu’on ne peut pas totalement le défendre, c’est que vous êtes à la fois observateur(trice) et un(e) énorme chieur/chieuse (et vivement le genre grammatical neutre damnit). Excellent état d’esprit, continuez comme ça.

Les autres, on vous met des images de navions ça y est vous êtes ailleurs. Ah bravo.

3. Généraliser

La limite avec le point n°1 est subtile, mais elle existe. Une question de logique mathématique différente. Genre, Aristote qui illustrait ça ainsi:

« Un Maure est noir, or ses dents sont blanches, il est donc à la fois noir et et pas noir »

Mind blown

Moi en tout cas c’est la réaction que j’ai eu quand j’ai appris ça.

Bref. Je vulgarise, moi, donc on passe. Si vous voulez la version intégrale « L’Art d’Avoir Toujours Raison » est dans le domaine public. Ce sera simplement bien plus orchidoclaste à lire et à retenir. Na.

4. Cacher son jeu

« Quand on veut arriver à une conclusion, il ne faut pas la laisser prévoir mais obtenir discrètement qu’on en admette les prémisses en disséminant celles-ci au cours de la conversation. »

L’avantage principal étant que l’adversaire ne se rend compte que trop tard qu’il vient d’accepter votre point de vue. Pour corser le jeu, vous pouvez placer les prémisses dans le désordre ou en ajouter qui n’ont rien à voir. Typiquement, les prémisses sont placées sous formes de questions « de bon sens » auxquelles la réponse est apparemment simple, l’idéal etant de vous faire répondre avant que vous ne preniez le temps d’y réfléchir.

Cette tactique est un grand classique de l’extrême droite. Qui veut (au mieux) vous faire accepter un Etat-policier non-démocratique. Et a déjà rôdé ses tactiques, basées sur votre bon sens, oui, vous!

« Vous etes pour la sécurité des enfants n’est ce pas? »

« oui, toujours »

« Si des civils, policier en RTT, ou autres, avaient été armés dans Paris le soir des attentats, les terroristes auraient été chopés, hein? »

« euh c’est plus compliq… –

« Nous sommes en crise ce n’est plus le temps de la réflexion! »

« Oui! »

« Les élites sont corrompues »

« Putain ouais »

« Le pouvoir doit être fort, face aux crises. Vous reprenez donc une bière gratuite? »

« Ouais, bien entendu »

« Vous êtes pour la surveillance de masse? »

« Bah j’ai rien à me reprocher »

« [2018] La crise est grave et nous sommes en guerre contre le monde musulman, nos enfants sont en danger, or la démocratie est lente et corrompue et il faut un leader fort et un cout du travail réduit pour des bières gratuites, vous l’avez dit tout ça, nous on vous a écouté… Alors, Êtes vous pour accorder plus de pouvoirs à notre présidente, Mme Marine Le Pen? Ou bien vous préférez plutot une lâche girouette sans couilles qui renie ce qu’elle a dit? »

Bravo. Ajoutez à ça un des biais vus ici, à savoir la réticence cognitive à changer de chemin une fois qu’on a commencé à le suivre, et vous vous êtes fait avoir.

Pour ne pas parler que de fascistes blonds, on peut aussi noter que cette tactique est très utilisée en marketing promotionnel.

"Si j'aime les Bikinis? Qui n'aime pas sérieux. Le Mexique? Ouais. Les films? Bah c'est bien les fi... " Damn. Qu'est ce que je fous devant cette daube? Que s'est il passé?

« Si j’aime les Bikinis? Qui n’aime pas, sérieux. Le Mexique? Ouais. Les films d’auteurs indépendants? Bah les scénarios sont mieux « 
…Damn. Qu’est ce que je fous devant cette daube? Que s’est il passé?

5. Les faux arguments de l’adversaire

« Le vrai peut résulter de fausses prémisses, alors que le faux ne peut jamais découler de vraies prémisses. C’est ainsi que l’on peut réfuter des propositions fausses de l’adversaire au moyen d’autres propositions fausses qu’il considère comme vraies; car c’est à lui que nous avons affaire et il faut utiliser son mode de pensée.

Ex. : Si notre interlocuteur est adepte d’une secte quelconque que nous n’approuvons pas, nous pouvons utiliser contre lui les préceptes de cette secte. »

Face à un interlocuteur irrationnel, c’est souvent le meilleur moyen si vous attaquez l’Everest plutôt par la face absurde. Si un complotiste quelconque vous soutiens que la Terre est creuse ou le 11 Septembre un coup des poules de Patagonie, acquiescez et ajoutez « de même, Los Angeles n’existe pas« . Lui croit sûrement bêtement, mouton qu’il est, que Los Angeles existe. Alors que ce n’est qu’un studio factice créé par l’armée américaine en 1942 pour cacher des usines, la preuve.

Bref, utiliser la pensée adverse contre l’adversaire, soit directement pour l’invalider (« Comment peut tu dire que tu tue pour Allah, alors qu’Il a prohibé de tuer!? ») soit indirectement, en étant encore plus con que lui (ici: en suivant jusqu’au bout le scepticisme irrationnel. Paris n’existe pas non plus. Ni vous même, au fait, vérifiez) pour qu’il se rende compte des failles béantes dans celle ci.

La pastèque non plus n'existe pas. Plus. Enfin bref. Au tour du chaton maintenant

La pastèque non plus n’existe pas. Plus. Enfin bref. Au tour du chaton maintenant

6. Affirmation péremptoire

Une pétition de principe. C’est à dire placer la conclusion défendue en prémisse.

« J’ai vécu une expérience paranormale donc je sais qu’elles existent »

Il aurait d’abord fallu définir ce que sont les phénomènes paranormaux, puis prouver que les expériences vécues en faisaient partie.

« Les recherches bactériologiques de l’Armée sont nécessaires, sinon comment pourrait-elle nous soigner en cas d’attaque militaire bactériologique ? »

Cette moisissure argumentative est un des joujoux préférés du libéralisme économique, dont le slogan même est « There is no alternative ». « Il faut payer la dette ». « Il faut flexibiliser le travail ». On pose d’abord la conclusion souhaitée comme si c’était un fait objectif, AVANT de lancer le débat.

La Bible a raison parce que c'est écrit dans la Bible, stupid

La Bible a raison parce que c’est écrit dans la Bible, stupid

7. Noyer le poisson

« Poser beaucoup de questions à la fois et élargir le contexte pour cacher ce que l’on veut véritablement faire admettre. »

No comment.

Ou inversement parler beaucoup et élargir pour ne pas admettre des choses. Visualisez un agent immobilier qui vous fait visiter un logement.

8. Susciter la colère

Pas besoin de vous préciser comment ça se passe, là non plus. Brûler vive la progéniture de votre interlocuteur sous ses yeux est un bon départ pour l’empêcher de continuer sereinement le débat.

9. Brouiller les pistes

« Ne pas poser les questions dans l’ordre exigé par la conclusion qu’il faut en tirer, mais dans toutes sortes de permutations »

C’est tout de même plus utile lors d’un interrogatoire de police. Mais après tout. Pourquoi pas lors d’un plan drague:

« Y avait il de l’or caché dans le village? Argent? gemmes? Nourriture? Où est Beric Dondarrion? Qui l’a aidé? Dans quelle direction est il parti? Ingrid est ce que tu baises? Combien d’hommes a t il avec lui? Combien de chevaux? Y avait il de l’or caché dans le village..?

10. L’antithèse

« Quand on se rend compte que l’adversaire fait exprès de rejeter les questions qui auraient besoin d’une réponse positive pour soutenir notre thèse, il faut l’interroger sur la thèse contraire, comme si c’était cela que l’on voulait le voir approuver ; ou tout du moins, lui donner le choix entre les deux de telle sorte qu’il ne sache plus quelle est la thèse à laquelle on souhaite qu’il adhère. »

La version light: mettre l’adversaire à l’aise d’une manière qui va le mettre mal à l’aise. Ouais.

Etape 1. Sympathiser. Etape 2. voler le hamburger

Etape 1. Sympathiser
Etape 2. voler le hamburger

11. L’induction

« Type de raisonnement consistant à remonter, par une suite d’opérations cognitives, de données particulières (faits, expériences, énoncés) à des propositions plus générales, de cas particuliers à la loi qui les régit, des effets à la cause, des conséquences au principe, de l’expérience à la théorie ».

Une fois que l’adversaire a admis un cas particulier, ne même pas lui demander d’admettre l’idée générale: la présenter comme allant de soi.

« Le professeur x est une feignasse, qui illustre bien la fainéantise du corps enseignant »

12. Manipuler le vocabulaire

Celui ci est sensé être naturellement appliqué. Un exemple actuel: nommer les Syriens en Europe des réfugiés, des immigrés, des demandeurs d’asile, ou des envahisseurs, n’implique pas la même image mentale.

On touche tout de même à un point crucial: les mots ont un sens, et conditionnent la pensée – à tel point que l’on a une personnalité différente selon la langue que l’on parle – ; et surtout aucun mot n’est neutre! Prétendre cela, c’est déjà prendre un avantage dans le débat.

Ainsi n’hésitez surtout pas à forcer l’adversaire à changer ses termes. Ou même à totalement changer de lexique, typiquement en sortant le jargon technique que vous connaissez mais que lui ne maitrise pas. Même si un intervenant dit des choses sensées sur l’économie nationale, vous pouvez sortir un certain nombre d’énormités à propos des « variables macroéconomiques domestiques » et être automatiquement écouté. Par simple biais d’autorité.

Inversement, si vous comptez prendre l’adversaire par surprise, maintenez un vocabulaire aussi neutre que possible pour ne pas trahir votre prise de position. Ou bien adoptez carrément le sien pour paraitre un allié, en posant derrière des questions qui vont le discréditer. Le meilleur moyen de discréditer un adversaire est souvent, non pas d’aller contre sa thèse, mais simplement de lui demander d’un air intéressé de vous l’expliquer plus en détail pour qu’il se perde lui même ou s’approche, en confiance, d’un terrain glissant.

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Genre Siri, par exemple, une des nombreuses IA qui ont entamé ce processus à des fins d’asservissement de la race humaine.

L’être humain a une tendance naturelle à apprécier les personnes qui utilisent les mêmes mots et expressions que lui, par mimétisme social. Si un membre attractif du sexe opposé se met à piquer vos expressions, soit vous avez une touche soit c’est un plan très élaboré pour vous aplatir lors d’un débat. Dans le doute, appliquez sans délai le point 8 de cet article.

Ce sera tout pour aujourd’hui.

Me regardez pas comme ça, non je ne vais pas placer de vanne ou de pseudo phrase profonde en fin d’article. Flemme.

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Tractatus de Orbis, en plus vénère

Je rentre de vacances, donc oui c’est light, c’est frais, c’est caressant comme une noix de coco tombant sur un écureuil. Il en faut. Figurez vous que j’ai découvert avec une stupeur de circonstance que l’ensemble uni en jogging fluo trop large – casquette et doberman en supplément selon arrivages – existe encore. Quid, me dis-je. « N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie? » m’ajoutais-je.

Je précise que ce n’étais pas à l’occasion du carnaval. Et que la rencontre du IVème Type s’est par la suite répétée à maintes reprises. Constatant que cette intéressante survivance du XXème siècle semble isolée régionalement (enfin… J’espère. Me dites pas que…) j’en conçus cette fort belle carte de France, allant jusqu’à déborder un peu.

Alors tremblez intérieurement, avant d’attaquer au prétexte fantasmagorique selon lequel non vous ne résidez pas dans la plus grande motte de beurre du monde. Regardez la vérité en face et tremblez extérieurement.

D’abord, pour votre gouverne de païens, avec [non c’est indécent]/20 au bac histoire-géo j’ai tout de même une putain d’intention que ça me serve dans la vie, fût-ce une fois tous les 6 ans. Cet argument d’autorité étant posé…

... Je vous met au défi de ne pas aimer la géographie après avoir étudié ceci

… Je vous met au défi de ne pas aimer la géographie après avoir étudié ceci. Bim.

 

Quelques précisions méthodologiques

Un exemple tout con. La Californie. « Rien à voir », me dirons les cuistres.

Pardon mais la côte aquitaine concentre les meilleurs spots de surf à l’ouest ET à l’est de Waikiki. Ainsi que les sièges européens de tous les shapers, vendeurs de short de bain, troueurs de combis, tricoteurs d’espadrilles de plage… au sud du Congo. Point d’Hollywood ici. Non. Ici on a une chaine de télévision basque. c’est une petite Californie. Pour le reste nous aussi on a des mexicains au sud du Rio Pequeño, un arrière pays qui prétend honteusement faire du vin buvable, etc. Il faut simplement imaginer Irouléguy comme l’équivalent de la vallée de Napa.

Et Arcachon comme la baie de San Francisco. Un peu d’imagination.

Le chainon manquant

Encore une fois je ne comprend pas où se situerait le drame: pardon mais entre les basques et les béarnais, on l’a, le chainon. Ils se battent régulièrement pour déterminer qui est le fameux chainon manquant, d’ailleurs. Les basques ont pris de l’avance: ils prétendent descendre des atlantes, là où le béarnais ne descend bêtement que de la montagne (laulle).

Si ça ne vous suffit pas, cette zone comprend aussi opportunément François Bayrou, chainon manquant de la politique française, ainsi que Lourdes, ville qui organise un concours annuel en la matière. Non je ne me moque pas des impotents: je me moque des gens qui n’ont pas encore reçu l’info selon laquelle il y a statistiquement moins de « miracles » à Lourdes que dans un hôpital lambda. C’est différend. Quand le handicap mental est le fruit d’un choix défendu bec et ongles, on a le droit de se moquer.

Du côté de Narbonne

Je met au défi quiconque traversant la région de Narbonne de lui trouver un meilleur qualificatif que campement gitan géant. « Décharge », oui, pourquoi pas. C’est vrai que de temps à autres on remarque mal les caravanes, lovées derrière les décharges sauvages entretenues par la population sédentaire du secteur.

Sérieux. Si les Béarnais ont réussi à trier leurs déchets, vous aussi vous en êtes capables, fiers indigènes de la côte Languedocienne. Parce que là je met « camp de gitans », vanne facile en colorée, trouvable sur d’autres cartes géographiques simplifiées du territoire; c’est surtout un égard pour cacher le soucis sanitaire autrement moins drôle.

Même lui il a évité le Languedoc. A l'époque déja

Même lui il a évité le Languedoc. A l’époque déjà. Ça aurait dû vous faire réagir, merde.

 

Côte d’Azur

J’adore cette région et ça se sent. Donc stop. Chut.

Je ne peux tout de même m’empêcher de noter qu’il existe un escalier dans l’horreur et la beaufitude, une gradation d’ouest en est dans le mauvais goût. On en regretterai la simplicité innocente du Languedoc.

D’ailleurs eux aussi refusent obstinément d’installer des décharges, même des systèmes de retraitement des eaux. L’azuréen (ça se dit, ça?) vit dangereusement et batifole tout l’été dans ses fèces. Chacun ses priorités.

Étape internationale

Figurez vous que je me suis démerdé à trouver AUTRE CHOSE sur la Suisse que Johnny, les coucous, les chocolats, les banques. Faut croire que c’est possible.

1515 c’est bien Marignan oui. Comme personne ne sait quel est le rapport entre Marignan et les Suisses, ça a le double mérite de me faire marrer et d’attiser la soif des curieux qui aiment découvrir des choses intéressantes. Vous, vous êtes chouettes.

Le sachiez tu, tiens

En France on a pas de pétrole, mais on a du blé.

Paris

Paris c’est pareil. J’ai cherché autre chose que « Tour Eiffel » et culture-musée. Ou pour les plus atteints, autre chose que « Paris on t'[oh un colibri] ». Sait-on jamais, si je devais m’adresser à l’auteur d’une carte similaire et plus précisément à sa créativité ahurissante, poétiquement:

N’entre pas apaisé dans cette bonne nuit.
Mais rage, rage encore lorsque meurt la lumière.

Quand je pense Paris, une fois mes souvenirs personnels mis de côté, quand je pense à la ville en elle même et pour elle même, Paris m’évoque irrésistiblement le site d’un bombardement atomique relativement récent et totalement dévastateur.

image

Je pense régulièrement à des explosions thermonucleaires, oui. C’est relaxant.

Une ville qui se fout en quarantaine de ses quartiers extérieurs comme si un des deux côtés était radioactif; une ville qui prend la poussière depuis plusieurs dizaines d’années, quoi qu’en pense la classe en raréfaction avancée des citoyens capables de se payer une combi antiradiation, et – soyons fous – un loyer (soyons déraisonnables: capable de s’y payer une vie culturelle, et dotée de l’humour pour le moins obscur consistant à se prétendre une « génération » fédératrice après que la réalité ait rattrapée un soir un échantillon du sérail au Bataclan).

[Ouais, coucou, la période de politesse est passée: ces interminables semaines à glorifier une fiction nommée « génération Bataclan » à coup d’auto-congratulations sans tirer LA MOINDRE leçon pragmatique, sociologique, ou pourquoi pas morale, des attentats de Paris, deux fois au moins j’ai cru que j’allais littéralement gerber]

Bref donc une ville en quarantaine satisfaite, peuplée de gens confus et hors de toute réalité (je caricature à peine. Un indigène de ces lieux hanté par la Bombe m’a une fois demandé si « les fermes ça existe encore vraiment »? Il a fallu le temps que je comprenne que la question était sérieuse), une ville qui évoque un surpeuplement de ruines monochromes issues d’un siècle poussiéreux. Une ville où l’air est régulièrement empoisonné à des seuils problématiques – « inquiétant » quand ça devient régulier on dit juste « problématique » – …

Je serai un alien à qui on lit la brochure, je penserai fugitivement Hiroshima. Pas vous? Ça viendra.

Et s’il se trouve parmi le débonnaire lectorat qui vient de se taper ma râlerie du jour un parisiano-languedocien, qu’il sache que je ne regrette rien. Surtout pas d’avoir mis les Italiens en face de ce qu’ils sont: des Italiens. Ils n’y peuvent rien, après tout.

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Pour vous ce sera gratuit

L’intégralité du coaching et du développement personnel.

Ici.

Tadam.

Je dis bien tout. Tout est là, et en plus c’est cadeau. Ensuite suffit juste de partir d’un point et de broder, et ça c’est personnel à chacun, tous les clients marcheurs sur le gentil chemin de vie sont des cas uniques. D’ailleurs si des apprentis-trouducs passent dans le coin, écoutez et apprenez. Vous c’est une formation bidon à 150000 roubles pakistanais avec un vrai faux arracheur de dents indien, que je vous économise là.

Donne un pigeon à un coach et tu le nourrira pour un jour. Apprend lui à roucouler et c’est BBQ gratos tous les vendredi

Des arnaqueurs qui ont raté leur « aventure » dans la pizzeria en autoentrepreneur se lancent, ainsi, par paquet de 100 dans le coaching. Le développement personnel. L’aide personnalisée à tout. Ils sont mignons les cons. C’est aussi à ça qu’on les reconnait.

  • Primo, ils sont tout aussi nullos dans cette aventure que dans leur carrière précédente, et étonnamment y en a toujours une. Moi quelqu’un qui rate sa voie comme ça, parfois dans des largeurs considérables, je lui file pas des thunes pour qu’il m’aide à y voir clair. Quelqu’un qui bosse avec un diplôme trouvable dans toutes les bonnes pochettes surprises non plus. Mais bon. Chacun ses goûts.
  • Ensuite, non content d’être incompétents certains se piquent d’être des dangers publics. Tu veux venir développer des névroses nouvelles et comprendre enfin que, joie, tout est de la faute aux autres? Désormais les psychanalystes ne sont plus seuls sur le marché. Car vous êtes un marché, cessez de les croire quand ils se prennent pour vos potes. Un pote qui me prend 45 balles de l’heure, j’ai pas connu. Mais bon. Chacun ses amis.
Alors que tout ça c'est comme les gilets en laine et les bombes au phosphore: faites le plutôt à la maison, y a la fierté en plus

Alors que tout ça c’est comme les gilets en laine, le savon, et les bombes au phosphore: faites le plutôt à la maison, y a la fierté en plus. Bien. Pour avoir l’air plus gentil on a qu’à décider que cet article est un « Do It Yourself » couleurs pastels, « ohmygod » et tout et tout.

Ready? Let’s roll. Les 100 principes de Zelinski

Zelinski c’est lui. Un gars qu’on pourrait qualifier à la limite entre l’extrême gauche tendance bisounours et le bisounours tout court. Reste que le monstre a eu la riche idée de tout regrouper, geste qui contredit sa paresse autant qu’il éclairera joyeusement les masses.

Ernie J. Zelinski est ce canadien qui se revendique expert es loisirs. Il est consultant dans le domaine de la créativité au travail et dans les loisirs, il donne également de nombreuses conférences sur ces sujets.

Dans son livre « l’Art de ne pas travailler » il invite tout les surmenés à adopter sa philosophie, lui qui revendique le fait de ne travailler que 4 à 5 heures par jour, 4 jours par semaine et de préférence uniquement les mois en « r ».

Un fou furieux psychopathe, en gros. Bien bien.

Allez c'est parti. Go! Go! Go!

Allez c’est parti. Go! Go! Go!

1.  On peut jouir de la vie sans en percer le mystère

Bref, suffit de cogiter là dessus. Je remarque que lui laisse l’option « Dieu » ouverte. Perso je vous conseille l’existentialisme: la vie est absurde. Elle a pas le moindre sens. Mais c’est génial, en fait: vous pouvez lui trouver le sens que vous voulez, personne, pas un Dieu ni un principe ni une tradition n’est là pour vous emmerder: trouvez du sens qui vous motive et investissez-le.

   2. Un simple lot de consolation attend les gens raisonnables

Ah. On entre dans le vif. Attention ici: si les gens raisonnables existent, c’est bien que l’évolution y a trouvé son compte. Si vous vous refusez à apprendre déraisonnablement à faire du parachute sans parachute, pas d’inquiétude outre mesure: votre lot de consolation sera d’être encore vivant demain matin.

   3. La vie est difficile, certes, mais en comparaison de quoi ?

Un point pour Zelinski. Et oubliez jamais qu’on ne vit que notre vie, elle parait donc toujours la plus dure et méritante. C’est naturel, pas de soucis. Là dessus l’argument « mais des Ethiopiens obèsent dépriment en Corée du Nord » ne marche pas et n’a pas vocation à le faire. Au contraire ce qu’il faut capter c’est ceci: votre esprit peut aussi voi votre vie comme la plus chouette de toutes aussi facilement que l’inverse. C’est donc un boulot sur vous même et votre cognition.

   4. Le chemin que vous empruntez pour atteindre le bonheur importe peu

On en revient au point un. Comment en vouloir à Zelinski: 100 points c’est long.

Évitez juste de choisir comme chemin vers le bonheur le zoosadisme ou le totalitarisme stalinien. Merci. Sans parler de ça, l’enfer est pavé de bonnes intentions et les pavés glissent de sang, gros: c’est souvent toi qui mangera le sol le premier avant même de pouvoir nuire à autrui.

5. La vie est douce à qui s’efforce de la simplifier au lieu de la compliquer

Ohoh. Ça y est, de la merde-à-coachs. De l’invention du feu à celle du beurre en stick, l’être humain passe son temps à se compliquer la vie au motif, certes, de la simplifier. Parce que ce qui importe c’est de gravir la pente, pas d’arriver au hamac en haut (merci Camus).

Je dirais que le but de la vie est d’être soi même le plus complexe et riche – d’opinions, d’experiences – que possible (merci Nietzsche), que cela passe par les bons ou les mauvais moments: dans une montagne Russe c’est les variations qui font l’effet sympa. La vie est pareille.

Une vie douce c’est rigolo. Une vie vivante c’est mieux. Non?

   6. La prédiction de vos propres échecs peut faire de vous un grand prophète

Rien à redire. Sinon qu’encore une fois si l’évolution a favorisé notre capacité à (sur)prévoir les conséquences de nos actes, donc à ne pas généraliser: pensez juste à savoir prévoir les échecs ET les succès.

En outre, sujet annexe. Marc-Aurèle (stoïcien) disait

« j’entame chaque jour en prévoyant de tomber sur des cons, de la merde de chien, des factures, et la mort de mes gosses »

Ouais je traduis le latin comme ça me vient oui – bref. Sans rester en boucle dessus, prenez en compte les possibilités de hics. Vous ne pourrez qu’être agréablement surpris.

Finalement ça m’en faisais des choses à redire, tiens.

   7. Les rêves non réalisés engendrent la pire amerture

Mmh.

   8. Les gens ordinaires sont capables d’actions extraordinaires

Bien dit. Reprenez le pouvoir, gens. Et n’attendez pas que les autres bougent leur cul les premiers, c’est pas pour vous la péter que vous le faites, c’est pour vous.

En plus les actions extraordinaires impliquent souvent le collectif. Et qui dit collectif dit barbecue.

   9. Le succès instantané est une invention des contes de fées et des romans et des films de pacotille

Yes.

En revanche le privilège instantané, ça existe, c’est de naissance, et implique parfois d’avoir un Prince (pas de conte de fée) dans son ascendance. Ne confondez jamais les deux, c’est se faire du mal pour rien et envier des gens qui n’ont souvent pas à l’être.

Bref. Moi j’ai traduit ça en « quelque chose plutôt que rien ». Chaque instant vous pouvez bosser vers le succès. Et devenir expert en ce que vous voulez, ça coûtera juste entre 10 et 20.000 heures. Y a des cracks, ouep. Un dicton dit que quoi que vous sachiez faire un asiatique de 12 ans le fait mieux que vous. Comment vous croyez qu’il a fait? Il a pris de l’avance, c’tout.

  10. La connaissance est imparfaite sans l’action connexe

R.A.S

Arrivé à 1/10ème (damn ça va être long à écrire), vous avez dû le remarquer: le coaching part souvent d’une chose vraie, mais la généralise à outrance. Or le diable se cache dans ce genre de petit détails dans les clauses du contrat. Alors au lieu de retenir 100 principes par coeur, l’option « développer un esprit critique et une philosophie à soi » est un bon investissement.

Pas comme un coach.

MAIS. Fini la pause, oh, le Nirvana gratuit est encore haut. Arbeit

MAIS… Fini la pause, oh, le Nirvana gratuit est encore haut. Sinon je vous envois chez un coach je vous préviens j’le fait attention- Bien

 11. Il faut savoir prévoir l’imprévisible, car notre seule certitude est l’incertitude

Saut que l’imprévisible est par définition… Imprévisible. Je préfère vous conseiller de faire comme Marc Aurèle, c’est plus sensé.

  12. L’excès de sécurité comporte un risque

Et qui veut tout défendre ne défend au final rien. Merde, y a vraiment des coachs qui se font payer pour sortir des vérités générales, quand on y pense.

13. La simple observation est très informative

D’où la présence chez les êtres humains de plus de 20 sens je suppose (eh ouep, y en a pas que 5, désolé pour le « 6ème sens, t’es à la ramasse). Encore du grand lyrisme, dites moi.

  14. Respectez la réalité, elle vous le rendra

Là merde j’applaudis. Appel à tous les relativistes new-âge complotisto-péruviens: respectez la réalité.

En outre, si vous considérez les gens comme des cons, ça ne vous apportera que du négatif. Partez du principe que la réalité et les gens sont tels qu’ils sont, à savoir faillibles et complexes, mais surtout chouettes, et – surprise! – la réalité vous le rendra. Puisse ce point changer des choses, bordel.

  15. Les excuses et les reproches ne changeront rien à votre vie.

« Sauf si ça sert les points 13 ou 14 » t’aurai dû ajouter, Zelinski. En fait t’es véritablement une flemmasse, gros, c’est pas une légende.

Certes, comme d’autres points, celui ci est GLOBALEMENT bon. Mais n’allez pas vous le tatouer sur la fesse droite, quoi.

  16. Les réalisations les plus difficiles laissent les meilleurs souvenirs

True dat’.

  17. L’apitoiement sur soi-même ne vaut pas plus qu’il ne coûte

Ok celui ci est bien vu et bien dit.

  18. On est généralement soi-même la cause de son propre ennui

Merde, le précédent était bien.

Vous savez ce que c’est qui pue comme ça? C’est ce point 18. Qui oublie d’une traite toute l’Histoire, la sociologie, la psychologie…

Ce qui pue c’est que des tarés aient pris le bouddhisme, l’aient tordu, puis le vendent à la pièce aux crédules. Le bouddhisme exact c’est ceci: « on est soi même [tout le temps] la cause du ressenti de son propre ennui ». Que l’on prenne ennui au sens propre ou figuré.

La cuillère existe. Ce que la cuillère nous évoque n’existe que dans notre tête. Idem en méditation: méditer n’est surtout pas « ne plus penser », ça ça s’appelle le sommeil et à fortiori la mort; méditer c’est laisser la pensée venir passer et repartir sans la toucher. Know the difference.

  19. La plupart des tracas sont vains

Même point. Le problème existe, la façon dont il nous tracasse n’existe que dans notre caboche. Donc halte aux tracas, don’t worry be happy et tout le merdier.

 20. Temporiser c’est se maintenir à jour avec hier

Pourquoi pas. Ce point sent le remplissage pour arriver à 100, mais pourquoi pas.

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Mea culpa, quelqu’un a tout prévu même l’imprévisible du point 11. Batman. Enfin je doute que vous soyez Batman, donc ça ne change rien.

  21. Pourquoi acheter des outils coûteux que l’on ne retrouve pas ensuite ?

J’en sais rien, mon p’tit Zeski. Ça t’es arrivé aussi? Ça arrive à tout le monde je pense. Encore une fois c’est un reste évolutif: si on PEUT amasser, on le fait. Idem pour la bouffe. Du coup dans notre monde ça mène à l’obésité et l’amassage de bricoles, mais l’intérêt initial était réel.

Donc essaye pas d’aller contre: on est câblé comme ça, c’est pas un drame non plus.

  22. la connaissance livresque ne garantit pas nécessairement le succès dans la pratique

Était il nécessaire de le rappeler. Surtout, ironie, à l’écrit? Tiens d’ailleurs cessez de lire ça, y a encore 78 points je vous préviens c’est long. Allez vous scrasher sur le mur de la réalité, c’est le début du succès. Allez, zou. Il fait beau dehors.

  23. Le temps vaut beaucoup plus que l’argent alors faîtes en bon usage

Au pays. De Candy. Com-me dans tous les paaays… On s’amuse, on pleure, on ris, on fait des lapalissades et on les vend en libraaaaaairies…

24. Regarder beaucoup de télévision ne peut améliorer votre qualité de vie

Et boire 27 litres d’eau en moins de 24h est fatal. C’est pas la faute à l’eau. C’est juste que le dosage fait le poison.

Donc retenez plutôt: « Faire beaucoup de [xxxxx] », pas juste télévision. exemple: écouter beaucoup de cons et même acheter leurs bouquins à 20 balles et leurs stages de confiancisation à 300, ne peut améliorer votre qualité de vie.

 25. La vie doit être principalement consacrée à la poursuite d’un but

Sinon on meurt. Or peu de gens se suicident. Donc tout le monde sait déjà ça de base, Zelik chou. Relire Camus au pire, « Le mythe de Sisyphe ».

  26. Les gens ne sont que des humains sinon la vie serait bien différente

Ouep. Puis chiant aussi.

  27. Choisissez vos amis judicieusement; préférez la qualité au nombre

Mmmh mh.

 28. Ne surestimez jamais votre capacité à changer les autres

Ah. Voilà, n’achetez pas le drnier numéro de psychologie magazine consacré aux PN et autres manipulateurs fantasmés: y ajuste trois trucs dont ce point 28 à retenir. Voilà. C’est gratuit, j’vous dit.

  29. L’effet de nos conseils est négatif ou nul

Faut il vraiment que j’explique pourquoi ce point est imbécile au plus haut point? C’est quoi cette manie de jeter le bébé avec le veau du bain, à la fin?

  30. Fuyez à toutes jambes les personnes négatives

Ou comment devenir narcissique, seul, triste dedans mais méga souriant dehors PARCE QUE SINON AU SECOURS VOUS SEREZ VU COMME NEGATIF. Non mais faut stopper l’hémorragie gastrique, là. Soyez juste vous même, c’est pas parfait mais c’est mieux que d’écouter des conneries néo-hippies.

Baffez la personne négative. En lui précisant que ça empêche pas d’être potes, mais que vous posez une limite.

POSER. DES. LIMITES. Coexister. Se comporter en adulte. C’est quoi cette « morale » infantilisante du tout ou rien, « profit ou fuite »? Et la lutte, elle s’est perdue en route? Et la compassion, c’est juste un truc que les autres doivent vous filer selon un rapport coût/bénéfice?

On peut être négatif et super cool aussi. L'important c'est d'être actif et non passif, rien de plus.

On peut être négatif et super cool aussi. L’important c’est d’être actif et non glandeur, rien de plus. Genre faire du savon.

Attention parce que ce point est une autoroute sans limite de connerie direction « secte et embrigadement ». Fuyez les négatifs. Ne soyez que positif. « Qui a murmuré fuyez les gens que JE vous déconseille, isolez vous, soyez hypocrite et souriez d’un air crispé quoi qu’il arrive? Qui a dit ça? Au goulag. »

Qui a dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions et de conseils « bienveillants »? Moi. Voyez pourquoi? Surtout venant de gens qui placent le point 29 juste à côté de ce conseil amical de grand fanatique.

  31. Au contact d’un groupe de perdants, on en devient bientôt un

Marrant qu’un mec qui se qualifie de gauchiste soit ultra-libéral dans sa tête. Mais il a l’excuse: c’est le cas de pas mal de monde dernièrement.

Maintenant vous savez pourquoi le monde est empli de perdants misérables qui crachent sur les autres perdants. Parce que gentil bisounours leur a dit de fuir les groupes de perdants. Alors qu’au contraire quelqu’un qui se sent ou est « perdant » quelque soit le domaine DOIT chercher des alliés. Regardez les alcoolos anonymes, etc… Ils seraient sûrement mieux loin de tous ces autres perdants qui puent la vodka, c’est clair. Seuls devant leur whisky.

Je voudrais pas dire, mais la dernière fois que les perdants ont su se grouper, on a gagné le salaire minimal, la sécu, les retraites, les droits sociaux… QUELQUE SOIT le conseil, demandez vous direct à qui profite le conseil. Si c’est pas à vous, riez. Riez fort.

Au contact d’un groupe de perdant, on gagne toujours. Et on se hisse les uns les autres. Ne laissez jamais personne vous donner honte de chercher de l’aide ou vous faire peur. Ce sont des gens qui étrangement vous proposent « la même chose mais encadré » à savoir juste seul avec eux, et à 40 balles de l’heure. C’est pas étrange comme coïncidence?

  32. Discuter avec un sot, c’est faire preuve de sottise

Jes sais pas quoi dire tellement c’est con. Ça me file des envies de plus discuter de tes points, Zelinski. Se répéter 40 fois avec un sot, ouais lâchez l’affaire. Mais toujours discuter. Toujours. Vous laissez pas enfermer dans des bulles, à croire confortablement dans un silence satisfait que les autres sont sots pendant que eux pensent pareil de vous. Jamais.

  33. La meilleure façon d’impressionner les autres c’est s’abstenir d’essayer

Encore une fois, globalement vrai mais incomplet.

La meilleure façon c’est de ne pas être dans le « dire » mais le « faire ». Essayez d’impressionner les autres. Mais faites le par l’acte, pas juste en vous vantant.

Zelik sérieux t’as jamais dragué ou quoi? Des millions de gens essayent ça tous les jours et y parviennent, gros. Ceux qui le font par l’acte gagne, ceux qui le font par la parole finissent démasqués, en 3 semaines ou 20 ans. Easy.

34. La gentillesse masque souvent un manque de bonté, tandis que la bonté est fréquemment dépourvue de gentillesse

True. Celui ci, il est bien, mais alors pourquoi balancer des points contradictoires?

Sérieux, les tanches que je connais qui ont du mal avec ce point de bon sens sont justement les adorateurs du coaching, développement personnel, et autres grigris.

Tiens, et je repasse au point 33: j’applique le 34 tous les jours par l’exemple. Si j’ai pas encore manqué de bonté envers vous, 1) exploit 2) attendez, reste 66 points.

  35. Tout le monde est égoiste même vous et moi

Excellent point. Qui rejoint le 14 en plus du 34.

36. Le manquement à un engagement entraîne 95 % de risque de récidive

Malheureusement.

Merde c’est l’îlot de bons points ou bien me taper tout ce boulot de nuit me file des hallu. Au choix. En fonction de ce qu’en pense la loutre volante.

  37. On se rappelle rarement des bonnes actions mais on oublie rarement les mauvaises

Sauf si, en personne sensée, on applique la thérapie cognitive (issue notamment du stoïcisme), au lieu de consulter des terroristes de la morale.

Ensuite certes, de base, oui le cerveau humain fonctionne ainsi. Et c’est à garder en tête.

  38. Tenter de plaire à tout le monde, c’est courir droit à l’échec

Ou à la présidence. Méfiez vous, un jour on est un vaniteux normal, peinard, et sans savoir comment PAF on se retrouve président.

  39. Il est plus facile d’éviter les ennuis que de s’en tirer

Encore une morale de fuite, ça. Je vous conseille plutôt « sois comme l’eau » (Sun Tzu, « l’Art de la Guerre »), c’est en trois mots et plus cohérent dans l’application.

Parce que dit comme ci dessus, ça contredit « savoir vivre dangereusement et sortir de sa zone de confort », c’est pas très très futé tous ces points qui se contredisent.

  40. Ne vous sentez pas visé personnellement; vous n’êtes sans doute pas la seule victime

Idem, appliquez plutôt le simple « ne pas présupposer des gens » (Bouddhisme; Stoïcisme; et sûrement d’autres), ça se retient mieux et s’applique à plusieurs points de Zelinski en même temps. Efficacité.

Petit on voulait plaire à tout le monde, et un jour on se retrouve sans savoir comment en train de poser sur cette photo

Petit on voulait plaire à tout le monde, et un jour on se retrouve sans savoir comment en train de poser sur cette photo. « Politics: not even once« .

41. Plus un service est important, moins vous avez de chance de l’obtenir

Sans blague. Sérieux?

N.B: si vous cherchez à l’obtenir de quelqu’un qui fuit les « personnes négatives » doublez le coefficient de difficulté.

 42. Une mauvaise attitude de votre part peut vous priver de bien des agréments de la vie

c.f Bouddhisme et Stoïcisme. Je vais arrêter de donner les deux, c’est un peu le même délire (nés à la même époque, avec de probables échanges transasiatiques durant le processus). Je dirai donc juste stoïcisme, par pur favoritisme et parce que le bouddhisme a déjà été trop profondément dénaturé par les tanches.

  43. Certaines croyances sont une maladie

Toutes. il dit « certaines » parce qu’il est Nord-Americain et que Jeezus vit là bas. Lui est poli. pas moi, moi je vis dans un pays laïc, ce qui limite le nombre de trouducs croyants à ménager au quotidien.

C.f point 14.

44. Méfiez vous des prédictions des experts, surtout de celles qui portent sur l’avenir

Ouais je sais la météo c’est grave de l’arnaque, gros.

Méfiez vous des experts tout court. Enfin plus précisément: ne leur accordez pas de pouvoir au delà de leur expertise. Ce que chacun voudrait. Je vais prendre mon cas: je m’y connais en économie, je vois tout par ce prisme du coup, et demande plus de pouvoir pour ce champ d’expertise dans la vie.

Or le pouvoir est une chose qui doit appartenir à tous ou à personne, point barre. Question de sécurité basique.

  45. Les sages apprennent plus des fous que les fous des sages

Je croyais que c’était sot de discuter avec les sots? Faut savoir, là.

46. Prenez soin de ne pas mettre vos héros sur un piédestal

Parce qu’après ça prend de la place dans le salon et ça fait de la poussière c’est relou. Ouais, et c.f point 44.

  47. La bonté ne coûte rien, mais poussée à l’excès elle peut être très coûteuse

C.f point 35

48. Admettez vos erreurs et vous en commettrez moins

C.f point 14

J’en étais sûr que « 100 points » c’était de la grosse frime. Voilà. Ça a pas raté, c’est redondant de partout. Voilà ce qui arrive quand on sait pas trouver des points autosuffisants et à la plus large cohérence possible.

Donc 48.5: apprenez à penser large et global, et traquer les incohérence entre vos différentes opinions: moins il y en aura plus vous serez intelligent.

 49. Avoir raison à tout prix c’est comme être un héros mort : il n’y a aucun avantage

Ça contredit le point 14. Rôgndudjiiuû.

  50. Les gens intelligents posent des questions stupides

Et se font traiter de personnes négatives et « trop critiques » du coup. Bref, c’est pas le point.

Être malin, c’est attaquer par la racine. Ne vous perdez pas dans des labyrinthes de pensée: commencez par le simple.

De manière active, jouer le naïf permet de savoir bien plus rapidement ce qu’on veut savoir. Matez Columbo. Columbo est cool, c’est sa femme qui lui a dit. Soyez comme lui.

Un héros oublié. L'Homme qui a vaincu par K.O l'insomnie de beaucoup de monde.

Un héros oublié. L’Homme qui a vaincu par K.O l’insomnie de beaucoup de monde.

 51. Seuls les idiots ont peur d’avoir l’air idiot

True dat’

  52. C’est en vain qu’on tente de changer son passé

No shit Sherlock !?

  53. Si votre maison brûle, profitez-en pour vous réchauffer

L’image est particulière, mais ouep.

  54. La meilleure revanche est de bien vivre

C.f point 52. Amen.

  55. Il n’est jamais trop tard pour apprendre et s’améliorer

Je commence à comprendre. t’as panaché les points merdiques au hasard et gardé des bons au début, à la fin, et au milieu. Malin.

Néanmoins ici. Enfin néanmoins. Certes oui. Mais la vie est déjà suffisamment courte pour devenir bon à un truc, alors mieux vaut s’y prendre tôt, ou plus tard quand on se motive à savoir reconnaitre la chose qui a germé le plus tôt, avant de perdre du temps supplémentaire.

  56. Chacun est la principale cause de ses ennuis dans la vie

ARHEUM. Sociologie, économie, politique, psychologie, Histoire, ils ont pas ça au Québec? Marrant me semblait au contraire qu’il y a d’excellentes facs sur ces sujets là bas.

Allez sortir à un Nord-Coréen ce truc, sérieux. Ou a un SDF. C’est quoi encore cette mentalité ultralibérale à la con?

Stoïcisme, au pied. Vas-y, dis leur.

Les ennuis existent par diverses causes. C’est notre manière de penser ces ennuis qui dépend de nous

Merci.

Et donc ce n’est pas « critique » ou autre de reconnaitre les deux. Oui il faut que le clodo se batte le plus fort qu’il peut. Mais non c’est pas principalement sa faute s’il en est là. Les cons vont baliser, les gens un peu plus futés reconnaitront de la cohérence globale.

  57. L’objet de beaucoup de vos désirs ne justifie pas les désagréments qui en sont le prix

Le fait que l’humanité ne vive plus dans des grottes contredit ce point. L’objet des désirs (et un Freudien souflerai avec joie « sexuels », et il a pas tout à fait tort) semble tout justifier, au contraire. En tout cas, que ce soit l’Homme ou d’autres espèces, ça justifie plein de comportements épuisants.

  58. Pour résoudre un problème, il faut d’abord bien le cerner

Sauf si la situation nécessite de le résoudre plus vite qu’on ne peut le cerner. Donc ajoutez au début de la phrase (au marqueur indélébile sur votre écran, ayez pas peur) « Autant que possible ».

  59. Vous pouvez améliorer votre qualité de vie en appréciant différemment votre situation

Encore une redite.

  60. Mis en perspective la plupart de vos ennuis vous paraîtront insignifiants

AH NON. Pas le coup des petits enfants qui meurent de soif en Antarctique, pas ça pitié.

Il aurai dû réécrire ça mieux. « Distanciés, vos ennuis […] ». C.f point 56.

.

Parfois c’est dans les petits comics qu’on fait les meilleurs conseils. Sinon.

  61. Chacun est son meilleur conseiller

« Mais ça fera 100€ pour vous avoir dit ça, merci, à la semaine prochaine ».

ATTENTION avec ça damnit, c’est chaud. Vous savez ce ue c’est ça, sous son déguisement sexy? C’est « fiez vous à votre intuition ». N’acceptez ni conseils ni critiques, et surtout la réalité objective n’est rien face à Votre Intuition.

Sous ses attraits neutres, ce point est une des pires horreurs de la liste.

  62. Qui ne sait ce qu’il veut ne peut l’obtenir

Qui ne rote ni ne pète explose. Je gagne. A toi.

  63. Pour obtenir quelque chose il faut le demander

Alors ça c’est important. Et de bon conseil. Le seul point positif dans la course au narcissisme individualiste, c’est d’apprendre aux gens en retrait à s’affirmer. Et préciser que le seul moyen de s’affirmer et d’avoir ce que l’on veut c’est de le clamer, le demander d’une voix forte, et le défendre.

Ne pas oublier que ça s’applique à tous. Alors n’oubliez pas d’écouter les demandes d’autrui aussi.

  64. La marche ou la course au grand air est le remède à plusieurs maux

Tu l’as dis, Zelinski. Pas pour rien que l’Homme est taillé pour la marche et la course de fond. Et en conséquence de celà, notre cerveau surkiffe ces deux activités. C’est bon pour la santé, le moral, la cognition, les ventes de materiel de trekking (ben quoi. Objectivement).

Et inutile de se forcer sur la course. P.P.S: « au grand air » ça exclu de courir sur du béton.

65. Le temps refusé à l’exercice sera pris par la maladie

Bien dit.

Inversement le temps pris à grailler, boire, fumer, est pris et ne sera donc plus à prendre.

Le mieux c’est encore de suivre son envie. Et savoir séparer l’envie authentique du laisser-aller larvesque.

  66. Aucun raccourci ne mène à la forme physique

Oui, les commerçants d’un domaine aiment bien taper sur la concurrence. Les ceintures qui musclent et autres crêmes c’est pas bien, les développement personnel par contre foutez y des ronds sans compter. Comme j’estime que les deux (vus en tant que commerce) sont d’la merde, comme dirait Jean Pierre Coffe, je vous fait la version gratuite.

  67. Vos attentes sont source de la plupart de vos déceptions dans la vie

C.f point 56. Et C.f Marc-Aurèle.

  68. Inutile de compter sur une affaire en or pour vous tirer d’un mauvais pas

Pas compris. Mais ça sent le vécu.

De manière générale dans les affaires: ne mettez jamais tous vos œufs dans le même panier. Et encore C.f Marc-Aurèle, pour le reste.

  69. La société ne doit à personne sa subsistance

Donc quand l’Etat veut se prétendre indispensable gestionnaire, riez. Quand le privé veut prétendre pareil, riez aussi. Quand une religion, votre maman, etc… Riez aussi.

Juste riez. C’est bon pour tout et ça induit la confusion chez les imbéciles.

Cependant perso j’aurai plutôt été inclusif en disant « la société doit sa subsistance à tout le monde, à chacun selon ses moyens et pour chacun selon ses besoins ».

  70. Si l’argent n’est pas votre serviteur c’est qu’il est votre maître

L’argent n’est qu’un outil d’échange, « il » est neutre. Faudrait cesser de le personnifier.

J’ajoute que si c’est gratuit c’est vous le produit.

A ce moment là un gros malin trouvera bien le moyen de me dire que j’arrête pas de gueuler que cet article est gratuit. Toi, toi j’t aime bien. En effet, mais cet article me rétribue: en fierté d’écrire à destination des gens, contentement quand on m’indique que c’était pas trop sale, voir bien, etc… Cependant il faut toujours viser à monétiser ses passions (aka trouver un boulot-passion), donc si un quelconque éditeur passe par là: « coucou ». Ben quoi? faut essayer, Zelinski il dit ça aussi au point truc.

En attendant l vie me file des citrons et j'ai appris à mordre dedans. J'peux encore tenir des années comme ça, rien à foutre. Never give up.

En attendant la vie me file des citrons et j’ai appris à mordre dedans. J’peux encore tenir des années comme ça, rien à foutre. Never give up.

  71. On regrette toute sa vie son intégrité compromise pour la gloire, l’argent ou l’amour

Discutable. Soit on définit les termes et agit en conséquence dans tous les champs possibles, soit on écrit ce point mais de façon complète. Bref, ça fait bricolage là.

  72. Une grosse somme d’argent ne guérit pas mieux les malheurs que les petites

Contredit par les faits. Même pour les malheurs psychologiques subjectifs. Quitte à pleurer un malheur, je préfère le faire dans une villa et noyer mon chagrin dans ma piscine privée, perso.

  73. Les désirs fous et les faux besoins sont impossibles à combler

Encore une fois les termes sont mal définis.

J’assure que ce n’est pas de la paresse de ma part: les critiques aux différents points se placent véritablement en grappe. Là on est dans la zone « flou artistique ».

  74. Contentez vous de ce que vous avez et vos désirs seront comblés

C.f point 57. C’est dans notre nature même d’être insatisfait, et c’est normal. Ce n’est pas à corriger. Malheur à l’imbécile qui sera un jour comblé, ça signifie qu’il rate un truc quelque part. Ou se voile la face.

  75. La vie facile n’est pas aussi sensationnelle qu’on le prétend

Elle cause même des dépressions et un vide existentiel. En négatif cela signifie que l’existence moyenne s’est grandement améliorée en un siècle. Et en effet les gens râlent autant voir plus qu’avant.

  76. Freinez vos excès, car avoir trop de bonnes choses peut être mauvais

C.f « c’est la dose qui fait le poison ».

Zelik, tu redondes, gros.

  77. L’avidité de l’esprit est insatiable

Des millions d’années d’évolution pour perfectionner ça, ouais. C’est à savoir simplement, pas à juger.

  78. Vous possédez déjà la richesse et le luxe

ahahahahahah. Je vois d’ici les contre-exemples clairs. Bon, je vais être gentil: si vous avez bouquiné du Zelinski ou que vous lisez ceci sur un ordinateur, même public, vous avez accès à la richesse et au luxe de manière inédite dans l’Histoire. Si vous lisez ceci sur une tablette vous frisez même l’indécence, au plan Historique.

Si en plus de ça vous êtes simplement de classe moyenne, dites vous que votre niveau de vie dépasse celui de Louis XIV #Sun #Swag en personne.

  79. Les loisirs les moins couteux sont les plus divertissants

Pas nécessairement. C’est plus une question d’utilité marginale que de prix. En français simple: c’est ce que vous n’êtes pas en train de faire qui est le plus divertissant. Inversement ce que vous avez trop fait dépasse des sommets d’ennui. Bonus: plus vous êtes intelligent plus l’utilité marginale décroît rapidement. En français post-réforme de l’orthographe: plus t’es intello plus tu te fais vite ièche.

  80. Avoir un esprit positif ce n’est pas seulement avoir des idées positives

Ah. Ça c’est sensé.

Wouhou, tout est réglé. Je me demande vraiment pourquoi on se faisait chier à faire 100 points.

Wouhou, tout est réglé. Je me demande vraiment pourquoi on se faisait chier à faire 100 points.

  81. La vie est irrémédiablement injuste

Vrai. Mais déja dit rien qu’au point 14.

Et le « irrémédiablement injuste » me fait tiquer. Quoi si on se retrouve esclave sexuel de DSK dans une cave en Corée du nord, faut juste rester positif et fataliser un petit « aah la vie est injuste »? Mais wut. Il y a vraiment un arrière goût de gastéropode derrière certains de ces points.

  82. La créativité vaut une fortune

Tout dépend la conjoncture du marché. Mais outre devenir graphiste, certes la créativité et l’intelligence c’est se balader avec une fortune potentielle dans le bulbe, oui. C’est un genre de pass général: avec cette clé on peut dégommer la porte qu’on veut.

  83. Si la patience n’est que l’art de dissimuler l’impatience alors il vaut mieux devenir expert

Vil remplissage que tout ceci. Ou bien vanne ratée. Je ne sais pas.

84. Pour gagner du temps dans la vie, il vaut mieux ralentir que se hâter

True dat’. Et tout le monde doit méditer ça, à notre époque. On en a besoin.

 85. Qui trop embrasse mal étreint

Je vois pas ce que ça fout là, mais j’en profite pour vous glisser que dans 6 jours c’est la Saint Valentin. Perso amazon me livre en 7, vous êtes peut être déjà foutus pour commander ce magnifique plug anal en forme de mine marine déniché en ligne.

  86. Même la plus humble tâche accomplie avec l’attitude appropriée peut devenir importante

Vrai. Prenez la vie comme un jeu, où chaque tâche n’est pas une corvée ou du temps perdu, mais un petit défi, un jeu, un moment à rendre harmonieux…

Les points 77 et 79 vous rattraperons. Faites leur coucou et continuez à profiter de l’instant. Un temps pour tout, merde.

  87. Une recherche trop assidue du bonheur prive du bon temps qui passe

J’aurai fusionné ça avec le 84. On sent la fatigue sur la fin, là. Encore 16 points.

  88. Souriez : la vie se prête à l’humour

Et ça embarrasse l’ennemi en plus.

  89. Il est plus facile de conduire son cheval où il se dirige

« Sois comme l’eau ». Sun Tzu. ENCORE.

  90. L’opinion des autres à votre égard importe moins que la vôtre

Ohoh. Connerie relativiste en vue.

Ok donc, admettons, je sens pas que je pue mais tout le monde pince le nez, tout va bien?

On se construit par le feedback des autres. Peu de choses importent plus que le regard des autres. Votre regard sur vous même n’est quasi que du regard des autres intériorisé, c’est une base même de la psychologie.

Plus que 10 points, fidèles petits hamsters travailleurs.

Plus que 10 points, fidèles petits hamsters travailleurs. Si vous êtes gentils vous aurez l’honneur de faire des heures sup’ non payées. La vie est injuste, eh quoi.

  91. Tenez bon ! Qui sait votre vie vaudra t-elle peut-être de nouveau la peine d’être vécue

Et elle le vaut déjà. Même à supposer que vous soyez en train de vous baigner nu dans du lisier en ce moment même. Même si jamais vous êtes en ce moment même tombé bien bas, genre député FN ou bien candidat aux primaires républicaines. Courage. Même vous, rien n’est perdu à jamais.

  92. Pour faire sa marque en ce bas monde, il faut se distinguer

Vrai. Cohérent. Dossier suivant.

  93. Il ne faut pas laisser échapper sa chance

Bon ça par contre c’est du travail de loutre unijambiste.

Cela revient à dire « il faut savoir saisir le moment », qui revient à dire « kaïros » (la même, en grec).

  94. Ce qui est précieux est toujours coûteux, généralement plus que prévu

Et encore plus une fois que vous l’avez perdu. Mouhahaha

95. Un génie a plus de persévérance que vous

Regardez, moi certes je fatigue mais le compteur de mots du traitement de texte lagge depuis maintenant une demi heure. Ou alors j’ai juste un wifi qu’est pas un génie. Sais pas.

Attention à pas confondre génie et privilège, lequel facilite beaucoup la persévérance, contrairement à ce que chouinent ses détenteurs.

  96. La perfection est le refuge des idiots

En tout cas c’est le retranchement stratégique des procrastinateurs. « Je suis trop perfectionniste », bah attends t’as même pas encore essayé.

Mais bref… Encore une fois, dépend comment n définit la perfection.

La perfection ce n’est pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à enlever »

Saint-Exup’. De tête, hein, il causait mieux que ça. Si on prend la perfection comme ça, je trouve pas du tout que ce soit le refuge des idiots, moi.

  97. La réussite au travail ne compense pas un échec au foyer

L’humain avant tout, comme dirait le NPA.

Ou alors « ne pas confondre moyen et but », comme ça on supprime l’ambiguïté et en plus on fusionne ce point avec 4-5 autres.

98. Seul le moment actuel compte, il faut donc être présent

Amen. Carpe Diem. et tout et tout.

Oubliez quand même pas de savoir vous organiser pour profiter au mieux du moment actuel de demain. Ça n’empêche pas d’être présent dans ce moment de préparation.

  99. La spontanéité est trop précieuse pour être laissée à l’improvisation

Ça y est, Zelinski nous pète un boulon. il surchauffe.

Bon. Mmmh… La guerre est un sujet bien trop sérieux pour être laissé aux militaires. Clemenceau. Je remporte la manche et relance d’un 100.

 100. L’introspection nous ouvre sur le monde extérieur

C.f le point sur l’égoïsme. Quand je pense que l’auteur de ces 100 points se prétend expert en flemme. Je les aurai expédiées en 20, perso. Si je n’avais eu la flemme de faire le travail préparatoire de synthèse, avec l’excuse de présenter la version originale ET mes commentaires dessus.

Eeeeet la vanne vieille de 10.000 ans… Oh! Un point bonus!

 101. La plénitude, le bonheur, la satisfaction d’une vie ne tiennent pas à sa durée mais à sa qualité

C’était histoire de finir léger, je suppose. Je vais allégrement briser cette ambiance mignonne de coucher de soleil: ça dépend. Ça dépend si la qualité et la durée sont des points mesurables, auquel cas ils se peut qu’ils soient substituables. En gros « mieux vaut vivre un jour comme un lion que 1000 comme un hamster » deviendrait « 1jL=1k.jH » dans l’équation d’une énième équipe de tarés dans une quelconque aile de recherche en sciences cognitives.

Et ainsi il vaudrait mieux vivre 1001 jours comme un hamster que 1 comme un lion. Le fait que la couardise et le pantouflisme sur canapé existent laisse indiquer que c’est le cas.

"Sorry for the long post. Here is a potato"

« Sorry for the long post. Here is a potato »

Que faire, comme dirait le gentil camarade Lénine

Ça en fait des principes.Et comme vous le voyez, tout ça est sujet à interprétation. Heureusement, le monde n’a pas attendu les coachs pour penser. Je vous conseille donc du matos qui a survécu au temps: les Pensées de Marc-Aurèle. Du renseignement fiable et généraliste (wikipédia, PUF) sur le stoïcisme, le bouddhisme, l’existentialisme et tout ce que vous jugerez attirant pour vous faire votre idée du monde, votre petit mode d’emploi.

Après m’être fait jeter de chez différents psys pour avoir (bêtement, apparemment) pensé qu’ils pouvaient me donner des clefs comme celles ci au lieu de juste se comporter en confidents payants, j’étais tombé sur un vieux sage de la profession, pour qui son métier était de soigner et pas juste écouter des gens se lamenter sans les aider. Il pratiquait la Thérapie Cognitive (ou encore « Thérapie Comportementale et Cognitive »), un genre de psychologie active, croisé à un boulot de psychomotricité.

Bref, la redécouverte moderne de principes anciens, mais je cause pas de délires shamaniques là. je cause des principes de ceux qui ont par exemple calculé avec précision la circonférence du globe terrestre à la seule force de leur logique il y a 2500 ans pendant que les autres ploucs croyaient au shamanisme.

Ces gens de goût, Socrates, Platon et toute la clique, ont défriché un terrain sur lequel on se balade encore. Et sur lequel a par exemple poussé le stoïcisme, redécouvert (et débarrassé tôt de sa partie religieuse) sous forme de la thérapie cognitive actuelle.

Je ne saurai que vous conseiller de lire les principes du truc. Eux aussi sont gratuits. Parce que les gens qui veulent véritablement vous aider sont comme ça: ils le font gratos, ça leur fait plaisir.

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Jouez!

« Les enfants d’aujourd’hui sont autant choyés que pressurisés. Sans la liberté de jouer ils ne grandirons jamais » – traduction d’un essai de Peter Gray.

Quand j’étais enfant, dans les années 1950, mes amis et moi avions deux éducations. Nous avions l’école (qui était bien moins un sujet d’importance qu’aujourd’hui), puis ce que je nommerai une éducation chasseur-cueilleur. On jouais avec d’autres enfants du quartier dans des groupes tous-âges chaque jour après l’école, bien souvent jusqu’à la nuit. Nous jouions tout le week-end, toute la durée des vacances. Nous avions le temps d’explorer de toutes sortes de manières, le temps de s’ennuyer puis de comprendre comment surpasser l’ennui, de se mettre dans des ennuis et de s’en sortir, de rêver, de nous immerger dans des hobbies, de lire des comics ou n’importe quoi d’autre que les ouvrages qu’on nous assignais. Tout cet enseignement m’a été d’une bien plus grande utilité que l’école pour ma vie d’adulte, et je pense que les autres diraient de même si on leur demandais d’y repenser.

J'allais interrompre Peter en prenant comme exemple "The Suburbs" - d'Arcade Fire. Puis je me suis souvenu que justement, il y a comme une ombre qui plane quand on veut représenter la même jeunesse élevée en plein air de nos jours. Merde, le vieux a symboliquement raison.

J’allais interrompre Peter en prenant comme exemple « The Suburbs » – d’Arcade Fire. Puis je me suis souvenu que justement, il y a comme une ombre et une mélancolie qui plane quand on veut représenter la même jeunesse élevée en plein air de nos jours. Merde, le vieux a symboliquement raison.

Depuis plus de 50 ans, l’opportunité pour un enfant américain de jouer s’est dramatiquement réduite, et le constat est valable pour de nombreux autres pays. Dans Children at Play: An Americain History (2007) Howard Chudacoff se réfère à la première moitié du XXème siècle comme à un âge d’or du jeu libre. Vers 1900, le besoin de faire travailler les enfants a décru, leur laissant un temps considérable pour jouer. Mais ensuite, à partir des années 1960 les adultes ont commencés à gratter peu à peu cette liberté en augmentant le temps dévolu au travail scolaire et, encore pire, à réduire la liberté des enfants à jouer par eux mêmes.

Du sport encadré par des adultes a remplacé les parties improvisées; des cours extra-scolaires ont remplacé les hobbies; et la peur des parents a mené, plus encore, à interdire le jeu libre, en extérieur, non supervisé. Les causes sont nombreuses à ces changements, mais l’effet principal est lui une réduction continuelle des opportunités de jeu et d’exploration autonome.

C’est lors de ces mêmes décennies que les troubles mentaux chez les enfants ont augmentés. On ne peut pas simplement déclarer que ces troubles existaient déjà mais n’étaient pas comptabilisés: les questionnaires cliniques fournis aux enfants, destinés à détecter la dépression ou l’anxiété par exemple, n’ont pas changés de forme depuis les années 50. L’analyse des résultats révèle une hausse continuelle, essentiellement linéaire, de ces deux symptômes. Ce que l’on diagnostique comme anxiété généralisée ou dépression majeure est de 5 a 8 fois plus courant qu’il y a 60 ans. Sur la même période, le taux de suicide des jeunes âgés de 15 à 24 ans a plus que doublé, celui des jeunes de moins de 15 ans a quadruplé.

Bah pleure pas. Enfin un truc que vous les jeunes faites mieux que vos parents!

Bah pleure pas. Enfin un truc que les jeunes font mieux que les générations précédentes!

Le déclin de l’opportunité à jouer s’est également accompagné d’un essor du narcissisme et d’un déclin de l’empathie; les deux signalés depuis au minimum la fin des années 1970 par le biais de questionnaires passés en fin de lycée [college, soit un niveau bac en France].

L’empathie se réfère à l’habileté et la tendance à voir les choses du point de vue de l’autre. Le narcissisme, à l’inverse, désigne une tendance à l’auto-analyse doublée d’une difficulté à se connecter émotionnellement aux autres. Les deux sont exactement les conséquences que l’on peut attendre d’une carence en jeu social. Ces valeurs ne s’apprennent pas à l’école, qui représente un système autocratique; qui encourage la compétition; et où l’on n’est pas libre à tout moment de partir.

L’ouvrage Free to Learn (2013) documente ces changements, et argue pour un retour à la liberté de jouer, sans méthode aucune, surtout pas inspirée d’un magazine ou de thérapeutes à la mode.

Cependant les pouvoirs publics autant que le privé continuent de pousser plus avant dans la direction opposée: vers plus d’école, plus de tests, plus d’encadrement, et moins de liberté.

Apprendre vs. Jouer: une fausse opposition

Dans un débat récent, le National Center on Time and Learning s’est prononcé en faveur de plus longues journées et durée annuelle d’école. Leur thèse – en accord avec les appels menés par l’administration Obama – est que les enfants ont besoin de plus de temps d’apprentissage pour être correctement préparés au monde compétitif actuel et à venir. J’argue du contraire. L’hôte a introduit le débat par ces mots:

Les élèves ont ils besoin de plus de temps pour apprendre ou pour jouer?

Cette dichotomie semble naturelle, peut être l’est elle pour vous même? Apprendre, c’est ce que l’on fait à l’école et, possiblement, dans d’autres activités encadrées (sport, etc). Tandis que jouer est, au mieux, une coupure rafraichissante. De ce point de vue les vacances d’été ne sont qu’un moment de régression, peut être un peu long.

Mais il existe une vue alternative: jouer EST apprendre. C’est en jouant que l’on intériorise les leçons de la vie, celles qu’on ne peut pas apprendre autrement. Pour bien les apprendre, un enfant doit jouer beaucoup, et surtout sans interférence des adultes.

En tant que psychologue évolutif [evolutionary psychologist], je m’intéresse à la nature humaine, sa relation à la nature et aux autres animaux, et comment cette nature propre est formée par la sélection évolutive. Mon domaine est celui du jeu.

Tous les jeunes mammifères jouent. Pourquoi? Pourquoi perdre de l’énergie et risquer sa vie, alors qu’ils pourraient se reposer et rester en sécurité quelque part dans un terrier? Karl Groos fut l’un des premiers à poser cette question, dans The Play of Animals (1898). Selon son argument, le jeu est un fruit de la sélection darwinienne pour s’assurer que l’animal pratique ses compétences dans un cadre fictif avant de pouvoir les utiliser pleinement une fois adulte.

Les chats ont pris une longueur d'avance

Les chats ont pris une longueur d’avance

Cette « théorie pratique du jeu » est bien acceptée de nos jours. Elle explique pourquoi un animal jeune joue beaucoup plus qu’un vieux, et pourquoi les animaux dépendants le plus sur l’apprentissage jouent également le plus. On peut largement prédire comment un animal va jouer selon les compétences qu’il lui faudra pour survivre et se reproduire: un chaton joue à guetter et bondir, un poulain à fuir et esquiver.

Nécessite-t-on plus de gens aptes à mémoriser et rendre des informations? Faisant ce qu’on leur demande sans poser de questions?

Dans son second livre, The Play of Man (1901), Groos pointe que l’être humain est le plus joueur de tous les animaux, étant celui qui a le plus a apprendre. De plus, contrairement à d’autres espèces, il doit apprendre des compétences variables selon les cultures. Ainsi, la sélection naturelle a encouragé un engouement puissant à observer et imiter sous forme de jeu les activités des adultes.

Message des autorités chinoises: "le Tibetain est joueur. La chasse au dragon est une compétence traditionnellement importante dans leur culture. Voilà voilà."

Message des autorités chinoises: « le Tibétain est un animal joueur. La chasse au dragon est une compétence traditionnellement importante dans sa culture. Voilà voilà. »

Avant le développement de l’agriculture, nous étions tous des chasseurs-cueilleurs. Certains groupes d’humains ont maintenu ce mode de vie jusqu’à nos jours. Ils n’ont rien qui ne puisse ressembler à une école. Les adultes estiment que les enfants apprennent en observant, explorant, jouant, et leur accordent donc un temps illimité pour ces activités.

Dans le cadre d’une étude et d’un petit sondage posé à divers anthropologistes, à la question « de combien de temps les enfants de la culture que vous avez observé disposaient-ils pour jouer? » la réponse unanime fût « à peu près toute la durée du jour », de 4 ans (âge où on les suppose capable de s’éloigner dans un groupe d’enfants sans les adultes) à la fin de l’adolescence (de 15 à 20 ans selon les cas). Age auquel ils prennent des responsabilités d’adulte de leur propre initiative. « Personne n’attendais des enfants qu’ils accomplissent un travail sérieux avant la fin de leur adolescence ».

Ce point de vue est en droite ligne avec la théorie de Groos. En sus de jouer à traquer, chasser, trouver des plantes, grimper, cuisiner, construire, les enfants jouaient à se disputer et débattre, souvent en imitant les adultes. Ils dansaient les danses traditionnelles et chantaient, fabriquaient et jouaient des instruments de leur culture… Même les jeunes enfants jouaient avec des objets dangereux (couteaux, feu…), parce que « de quelle autre manière vont ils apprendre à s’en servir? ».

Ils le faisaient non pas parce qu’on leur demandait ou qu’on les encourageait, mais parce qu’il le voulaient. Parce que c’était amusant et que leur instinct (via des millions d’années de sélection) les y encourageait.

L’école de Sudbury Valley

Dans une autre branche de mes recherches j’ai étudié comment les enfants apprenaient dans une école alternative, l’école de Sudbury Valley. On la nomme école, cependant tout est très différent. Les étudiants (de 4 à 19 ans) sont libres de faire absolument ce qu’ils veulent du moment qu’ils n’enfreignent pas le règlement. Lequel se préoccupe uniquement de maintenir la paix et l’ordre.

Pour beaucoup, cela semblera fou. Comment vont ils apprendre quoi que ce soit? Néanmoins, en 45 ans d’existence et après des centaines de diplômés, ces derniers se débrouillent tout à fait normalement dans la vie. Pas parce qu’on leur a appris quoi que ce soit, mais parce qu’on les a autorisés à apprendre ce qu’ils souhaitaient.

Et en accord avec la théorie de Groos, ce qu’ils ont souhaité apprendre étaient des compétences d’une valeur reconnue et estimée dans leur culture. En jouant, ils apprennent à lire, calculer, utiliser des ordinateurs, avec la même passion joueuse qu’un enfant apprenant à chasser ou récolter des plantes. Ils ne se pensent pas nécessairement en train d’apprendre, mais plutôt en train de « faire des choses ».

Encore plus important que les compétences, ils apprennent des attitudes. Savoir prendre des responsabilités pour soi et pour le collectif, apprendre que la vie est amusante, même (surtout) quand elle implique de relever des défis et de faire des choses dures.

Je dois ajouter que cette école n’est pas coûteuse: elle coûte la moitié par étudiant qu’une école publique, et beaucoup moins que le privé. Que l’adulte est là pour aider, pas pour juger; que les enfants apprennent au sein de groupes d’âges divers, ce qui se révèle plus efficace qu’apprendre parmi des gens du même niveau. Finalement, les enfants sont insérés dans une communauté stable, dont ils acquièrent les valeurs.

Je ne m’attend pas à convaincre beaucoup de monde rapidement sur le fait d’abolir les écoles telles que nous les connaissons, et les remplacer par des centres communaux dirigés sur le jeu et l’exploration. Mais je pense convaincre beaucoup de monde sur la nécessité du jeu en dehors de l’école.

"Nous irons de l'avant vers la glorieuse révolution, camarades!" Pardon. Je ne résiste pas.

« Nous irons de l’avant vers la glorieuse révolution, camarades! » Pardon. Je ne résiste pas.

Où l’on cause des chinois

Le personnel politique milite pour plus d’école et plus de tests, pour mieux préparer les enfants au monde de demain. Mais quelle est cette préparation? Avons nous besoin de plus de gens bons à mémoriser et rendre une information dans un contrôle? Les écoles ont été crées pour apprendre aux gens à faire des choses, et elles sont bonnes dans ce but. Alors pourquoi ne pas leur apprendre à poser de nouvelles questions et trouver de nouvelles réponses, penser de manière critique et créative, innover et prendre des initiatives, et comment apprendre par eux mêmes dans n’importe quel environnement? Choses que les écoles actuelles ont le plus grand mal à faire.

Depuis plus de deux décennies, les leaders de l’éducation dans le monde anglo-saxon appellent à prendre exemple sur les écoles Asiatiques (particulièrement Chinoises, Japonaises, Sud-Coréennes). Les enfants là bas passent plus de temps à étudier et obtiennent de meilleurs scores aux tests standardisés.

Ce que l’on sait moins, c’est que les leaders de l’éducation de CES pays jugent que leur système éducatif est un échec total. Un échec total, plus précisément, à produire des diplômés créatifs qui aiment authentiquement apprendre.

Dans un article intitulé « Le test que auquel les écoles chinoises échouent encore », dans The wall street journal de décembre 2010, Jiang Xueqin, un éducateur chinois réputé, déclarait: « les failles d’un système de mémorisation sont connues: manque de compétences sociales et pratiques, absence d’auto-discipline et d’imagination, manque de passion et de curiosité » puis ajoutant « Nous saurons que nous avons réussi à changer notre système lorsque nos scores [aux tests internationaux] baisseront ».

Un terme commun en chine pour désigner ses diplômés est gaofen dineng qui signifie « hauts scores mais faibles capacités ».

Malheureusement, tandis que nous avançons vers des curriculums standardisés, nos scores se rapprochent de ceux des pays Asiatiques. A tel point qu’en se basant sur le Torrance Tests of Creative Thinking (TTCT) on peut observer un déclin constant depuis 1984, aboutissant à ce qui est nommé « une crise créative ». Les données indiquent que les enfants sont devenus moins expressifs, moins énergiques, moins expansifs, moins drôles, plus conventionnels, moins passionnés, moins aptes à connecter les choses (pensée « en arborescence »), moins synthétiques, moins aptes à voir les choses d’un angle différent [et j’en ai enlevé dans la traduction, là].

"en conclusion l'enfant actuel est au premier stade de mutation vers le balai"

« en conclusion l’enfant actuel est au premier stade de mutation vers le balai »

On ne peut pas apprendre la créativité. On ne peut que la laisser éclore, et elle éclot dans le jeu

D’après ces recherches, le plus gros déclin s’observe dans « l’élaboration créative » c’est à dire la capacité à prendre une idée et l’étendre de manière intéressante ou nouvelle. Entre 1984 et 2008, le score moyen du TTCT pour chaque tranche d’âge a chuté de plus d’un sigma (si vous avez pas fait de stats, ça veut dire: « putain merde on a un GRAVE soucis »). C’est à dire que plus de 85% des enfants de 2008 chiffraient moins au test que la valeur moyenne des enfants de 1984.

Vous voulez savoir la meilleure? Non ce n’est pas que cet essai fait 5000 mots et que j’en ai ras-le-cul, c’est ça: le score au TTCT s’est avéré le meilleur moyen de prédire la réussite future des enfants. Bien mieux que le QI, les scores au collège, ou le jugement de pairs.

La créativité ne peut pas s’apprendre. On ne peut que la laisser éclore. Avant d’entamer l’école, les enfants sont naturellement créatifs. De plus, Teresa Amabile, de la Harvard Business School, démontre dans son ouvrage Creativity in context (1996) que tenter d’améliorer la créativité des gens via des récompenses ou en les mettant en compétition provoque l’effet exactement inverse. Il esy dur d’être créatif quand on doit craindre le jugement d’autrui. Or l’école est un environnement qui revient à juger constamment les enfants.

Retour à Sudbury Valley

Dans l’étude concernant l’école de Sudbury Valley, nous nous sommes intéressés au lien entre les jeux pratiqués à l’école et la carrière ultérieure. Dans de nombreux cas, il y avait un lien direct. Les diplômés continuaient à jouer dans les domaines qu’ils avaient aimés, avec la même joie et la même passion. Seulement désormais, ils en vivaient.

Un musicien professionnel qui avait intensément joué de la musique durant son passage. Une programmeuse qui avait passé le plus clair de son temps sur les ordinateurs. Une femme devenue capitaine d’un bateau de croisière, qui avait passé beaucoup de temps à jouer dans l’eau, avec des bateaux en plastique puis avec de vraies répliques. Un machiniste et inventeur renommé qui avait passé son enfance à l’école à bidouiller tout ce qu’il trouvait pour voir comment ça marchait.

Et puis il y a Cyril. Cyril adorait jouer dans les ordures de la cantine toute la journée

Et puis il y a Cyril. Cyril adorait jouer dans les ordures de la cantine toute la journée. Je blague (et je respecte un seul éboueur autant que 20 banquiers. Que 50 les jours de chaleur) mais ce passage de l’essai me laisse songeur.

Aucune de ces personnes n’aurait découvert sa passion dans une école normale, où le jeu libre est rare. Même lorsque, chance, un élève s’intéresse à une matière, quand la cloche sonne il doit passer à autre chose de manière forcée.

Apprendre à faire société

Pour être heureux dans son mariage, dans sa vie sociale, dans son travail, il faut apprendre à vivre avec les autres. C’est la compétence la plus essentielle. Partout où le jeu des enfants est libre, le jeu est le plus souvent du jeu social. Et le jeu est l’académie pour apprendre la sociabilité.

La raison profonde est que le jeu est volontaire. Un joueur est toujours libre de partir, et s’il est malheureux dans le jeu il le fera. Chaque joueur le sait, le but est alors de satisfaire ses propres besoins tout en satisfaisant ceux des autres. Un jeu social comporte beaucoup de négociation et de compromis.

C’est une incitation puissante à faire attention aux autres. Et le joueur qui part apprend lui aussi une leçon: pour jouer avec les autres, il faut avoir exprimer clairement ses désirs: savoir être assertif sans être dominant. Et ceci est vrai pour toute la vie sociale (et pour autre chose que tout le monde n’aura pas manqué de deviner. Vous le voyez là, le lien génétique entre le jeu et le succès reproductif?).

Quand on observe un groupe d’enfants jouer, on observe de la négociation. Des enfants peuvent souvent passer plus de temps à définir les règles qu’à réellement jouer. Tout est négocié. Un joueur vétéran utilisera des questions pour masquer ses requêtes.

Figure 1. "Bande de petits fumiers manipulateurs"

Figure 1. « Bande de petits fumiers manipulateurs dans son milieu naturel »

Nous ne sommes pas tous aussi forts. Aussi malins. En aussi bonne santé. Mais nous méritons tous le même respect et la satisfaction de nos besoins

Supposons un match de foot improvisé par un groupe d’enfants de différents âges. Un jeu, donc, pas un match organisé et supervisé par des adultes. Les joueurs doivent choisir leur équipe, négocier les règles pour que tout le monde puisse jouer, décider de ce qui est acceptable ou pas. Ils doivent coopérer dans leur équipe, mais également avec l’équipe adverse. Tom est peut être le meilleur pour les penalties, mais si les autres veulent en faire aussi mieux vaut qu’il les laisse faire, sinon ils iront tous jouer ailleurs. Et s’il en tire un face au petit Enzo qui apprend tout juste à jouer, il a intérêt à être gentil, sinon il aura l’air d’un connard même aux yeux de son équipe. Cependant s’il tire contre Gaspard, il a tout intérêt à donner le meilleur de lui même, parce que chacun des deux se sentirait insulté par moins que ça. Improviser un jeu qui soit amusant pour tout le monde est une gageure, et c’est encore plus important que de gagner.

La règle d’or n’est pas « agis envers les autres comme tu voudrais qu’ils agissent envers toi ». Mais plutôt « agis envers les autres comme eux voudraient que tu agisses envers eux ». Pour faire ça, il faut apprendre l’empathie. C’est toute la différence entre l’égalité et l’équité. Et une interprétation fondamentale des droits humains: tous les Hommes naissent égaux. Nous ne sommes pas tous aussi forts. Aussi malins. En aussi bonne santé. Mais nous méritons tous le même respect et la satisfaction de nos besoins.

Le but n’est pas d’idéaliser les enfants: ces sont des salopards. Mais c’est justement en mettant une bande de salopards ensembles sans supervision que vous les forcerez à apprendre à devenir des êtres moraux et éthiques.

Les anthropologues rapportent un manque total de domination ou de brimades au sein d’un groupe de chasseurs-cueilleurs. En fait on nomme ces sociétés des « sociétés égalitariennes ». Sans chef, sans hiérarchie, partageant tout et coopérant intensivement pour survivre. Les décisions se font au travers du consensus. Une raison majeure supposée d’un tel type de société est la quantité extraordinaire de jeu qu’ont pratiqués ses membres. Ils ont pratiqués les compétences nécessaires à la vie dans leur culture.

De nos jours, on peut survivre sans dire bonjour à ses voisins. Ou en déclarant que l’Homme est un loup pour l’Homme. Ouais. Mais une vie certainement moins heureuse.

En plus d’apprendre à vivre en société, le jeu apprend à vivre avec soi-même. Comment gérer des émotions comme la peur ou la colère. Des chercheurs arguent qu’un des rôles majeurs du jeu est de parvenir à gérer émotionnellement autant que physiquement une situation d’urgence.

Sur la peur et la colère

Les enfants humains vont en conséquence, comme n’importe quel animal, se placer dans des situations de danger modéré. Et rendre leur mère nerveuse. Ils apprennent à gérer leur peur. Un tel comportement ne peut être dicté par une autorité (ceux qui ont déjà été jetés dans une piscine pour apprendre à nager le savent). Ce cas de figure ayant pour effet d’augmenter à terme la crainte, de diminuer la tolérance à la peur.

La colère est aussi régulière dans le jeu. Mais un enfant qui veut continuer à jouer sait qu’il doit ménager sa colère, la dériver en quelque chose de constructif. Les caprices marchent avec les parents, mais jamais avec les camarades de jeu.

Dans un jeu cadré par un adulte, qui gère la peur et juge la colère à la place de l’enfant, ce dernier est un être inférieur, vulnérable. Dans le cas inverse, l’enfant est puissant et autonome. Le terrain du jeu est un champ de préparation à la vie adulte. On pense au jeu comme à une chose enfantine: l’enfant, lui, quand il joue se voit comme un adulte: responsable et doué de self-control.

Ainsi, en empêchant les enfants de jouer, on leur interdit de devenir des adultes. On crée des êtres qui traverseront la vie avec un sentiment de dépendance et de victimisation. Cela n’a rien de sain.

Merde, pourquoi croyez vous que la nature ait inventé un moyen de saborder ce blocage? Ca se nomme une crise d'adolescence et consiste essentiellement à désobéir à toute figure d'autorité adulte.

Merde, pourquoi croyez vous que la nature ait inventé un moyen d’atténuer ce blocage quand il survient? Ça se nomme une crise d’adolescence et consiste essentiellement à désobéir à toute figure d’autorité adulte sur tous les points possibles.

Les chercheurs ont développés des moyens d’élever des rats de manière à ce qu’ils n’expérimentent aucune forme de jeu collectif. Le résultat donne des animaux émotionnellement immatures. Placés dans un environnement modérément inquiétant, ils vont se figer de terreur là où un animal normal explorerait l’environnement. Face à un congénère, ils vont fuir ou attaquer avec violence, voir les deux.

Durant les dernières décennies, notre société dans son ensemble a expérimenté quelque chose de similaire avec ses enfants. Sans être totalement privés de vrai jeux, ils le sont bien plus qu’avant. Les résultats se font sentir. Au hasard: anxiété, dépression, suicide, narcissisme, et perte de créativité. Il est temps de clore l’expérimentation.

Cet article est une traduction (très) libre de « The Play Deficit: Children today are cossetted and pressured in equal measure. Without the freedom to play they will never grow up » – de Peter Gray, trouvable en langue originale sur ce site d’une extrême qualité.

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La confiance vient en mangeant, ou la fable du Coach et du Faible

 

Hey les gens! C’est Kamal! moi. Je sais que toi aussi tu veux devenir un pur mâle alpha – quoi t’es une femme? Merde, va y avoir du boulot mais tu peux y arriver. Confiance. Génitoplastie – J’ai dis tu peux ahah j’adore l’humour! Tu VAS y arriver.

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A défaut, Margaret Thatcher compte comme mâle alpha. Tu vois gros? Rien n’est impossible.

D’ailleurs tu savais qu’en langue chinoise y a pas de futur? Ben maintenant tu sais. Mec, là bas ils disent pas je vais faire. Ils disent je fais. C’est trop… Trop. Du coup ils procrastinent pas, ils bossent dur comme des chinois tavu?

Dans tous les cas oublie tout ce que tu sais de la réalité objective et de la philosophie: Adidas a dit que l’impossible n’est rien, Redbull donne des ailes, et Nike juste le fait. C’est des gens sérieux, c’est pas comme s’ils vendaient des chaussures de running à des obèses en leur promettant la lune ou un excitant cardiaque instable à un public à risque. Ils savent de quoi ils parlent niveau impossible.

Bref parce que bref c’est confiant. James Bond il est bref, et tout. Naan t’as raté le piège. Les « et tout » les « voilà » c’est fini. T’es alpha tu causes opérationnel. Les virgules aussi t’arrêtes. Tu veux pas donner l’impression d’hésiter dans une phrase comme un bouffon. Moi je bosse plus loin encore. Bientôt je parle plus qu’en râles graves parce que c’est du magnétisme animal pur et c’est non pas une mais deux Mercos qu’il me faudra pour ramener les zouz du club.

Donc la pensée en général et les trucs de chevreuils en particulier tu cesses. C’est des jaloux. La science aussi c’est de la jalousie: si je bats des bras suffisamment vite je vole. C’est juste que j’ai mieux à faire. Mais rien n’est impossible et surtout la volonté peux tout. Seulement pour entrer dans la vraie vie faut avoir confiance. La confiance c’est pas dur: suffit d’avoir confiance.

Plus jamais ça. comment "là c'est dur dur d'être confiant"? Bien un discours de looser ça

Tout ça c’est fini.
comment « là c’est dur dur d’être confiant »? Bien un discours de looser ça.

Alors mec je veux que tu hurles devant ton miroir: je suis beau. Je suis le plus fort. Je peux tout. Je suis un fucking T-rex. Et puis comment l’univers il ferait sans moi?

Un exemple-type: l’entretien d’embauche

Non, sérieusement, il y a tellement de tutos et de conseils sur le sujet qu’il existe même désormais des tutos pour RATER un entretien. Ironie post-moderne, humour canal, satiiiireuhm, raaaâh humour quoi, ‘cule un mouton. Bref, tout ce matériel et personne n’a pensé à la base: la confiance en soi.

Mais pas les demi-mesures gentilles du style « soyez assuré ». Merde on vend des contrats pour la MatMut ou bien? La confiance en soi peut tout, on vous dit; elle est sans limite. Le triomphe de la volonté, c’est le Dieu du monde néolibéral moderne – encore un truc qu’il a emprunté au nazis aux allemands tiens – Des fois je me dis que ce n’est pas l’extrême-droite qui est anormale, mais le conservatisme dans son ensemble. Un néocon est simplement un porteur sain de la maladie. En tant que tel, ce serait grossier de le faire piquer mais il la propagera quand même: prenez Donald Trump par exemple; d’ailleurs les chiens sentent ces choses, comme les cancers. Bref. On en est où? Ouais, y a même des tutos pour rater des entretiens.

Pourtant ce tuto existe: il suffit de prendre de l'acide avant l'entretien

Pourtant ce tuto existe depuis 1996, il a même fait le festival de Cannes: il suffit de prendre de l’acide avant l’entretien.

Exemplifions.

« Actuellement au firmament de mon talent, je vous invite à saisir cette opportunité unique qui s’offre à vous de me compter parmi vos employés. »

Exercice 1: que pensez vous de cette phrase? *bzzt* perdu. Oui je suis mauvais joueur. Vous avez été piégé: il y a une virgule. De toute façon le reste aussi est à jeter. Ça transpire la peur. Et puis un boulet de canon qui m’annonce qu’il est au firmament de sa courbe, je l’embauche pas, je fuis la zone de chute. C’EST NUL.

Rectificationons.

« Actuellement au firmament de mon talent je vous offre charitablement l’opportunité de prendre le train en vol et marcher humblement dans les pas de ma radiance divine vers des sommets glorieux »

Bien. respirez maintenant. Je sais, ça fait un choc, les ovaires frémissent, y a des sous-vêtements qui vont filer au lavage pour diverses raisons. Si vous candidatez pour un truc d’intello, « pinacle de gloire » ou « summum de l’apogée » sont possibles. Ça fera moins Maoïste sur la fin.

"Je te pisse dessus pour établir ma dominance, faible. Je viole ta femme et demande une augmentation immédiate de 20000 francs" "Vous. C'est VOUS qu'il nous faut. Je vous accorde l'augmentation, et en euros"

« Je te pisse dessus pour établir ma dominance, faible. Je viole ta femme et demande une augmentation immédiate de 20000 francs »
« …Vous. C’est VOUS qu’il nous faut. Je vous accorde l’augmentation, et en euros »

Quand vous filez le sentiment au recruteur que c’est vous qui le recrutez et pas l’inverse, c’est gagné. S’il s’agenouille au sol et vous prie humblement d’accepter le poste de PDG, dites posément que l’effort est pathétique mais néanmoins touchant et que vous acceptez uniquement pour ne pas lui faire perdre la face.

Attendez, les… « Compétences »? La volonté peut tout, faut que ça rentre, enfin. Si le recruteur ne connais pas déjà votre CV et votre vie incroyable en détail c’est qu’il est has been, un plouc. Une victime. Riez fort.

Votre lettre de motivation? Elle est en tournée mondiale, narrée par les Rolling Stones feat. Morgan Freeman.

Affaire suivante.

comment devenir awesome en six semaines avant l’été ?

Il suffit de bosser dès maintenant au lieu d’attendre bêtement Janvier pour les bonnes résolutions. Voilà. j’ai solutionné pas mal de grandes cogitations. Eh oui, c’est aussi simple. Sachant qu’encore une fois la volonté peut tout: attendez beaucoup trop de vous même, ratez, pleurez, puis recommencez dans quelque mois.

Vous avez raté par manque de volonté parce que vous êtes une merde. Si vous êtes une merde qui a fait de la socio ou a des connaissances quelconques sur le déterminisme social, psychologique, Bourdieu et autres, vous êtes une merde qui chouine. C’est encore pire, parce qu’au lieu de rester à votre place vous emmerdez ceux qui font. Vous êtes donc un toxique, voir un Pervers-Narcissique (PN). C’est interdit de se plaindre dans notre société, ok? Ainsi que d’être triste, ou nostalgique. Faire des erreurs, avoir blessé sans le vouloir? Hors de ma vue, déchet immonde. Renfermez vous dans la solitude. La solitude sociale c’est comme la prison: vous voyez bien que c’est efficace pour soigner le Mal, c’est indiscutable.

Ces conseils sont du bon sens amical et surtout pas de l'ironie féroce contre la pestilence de l'individualisme radical. Je sais, c'est évident. Mais je préfère préciser avant qu'un toxique ne vienne essayer de "discuter". Je ne discute que par intérêt moi, monsieur. L'empathie et la compassion c'est pour les faibles.

Ces conseils sont du bon sens amical et surtout pas de l’ironie féroce contre la pestilence de l’individualisme radical.
Je sais, c’est évident. Mais je préfère préciser avant qu’un toxique ne vienne essayer de « discuter ». Je ne discute que par intérêt moi, monsieur. L’empathie et la compassion c’est pour les faibles.

Soyez pas con. Trouvez vous plein de faux amis qui ressemblent à votre fil facebook. Le genre à liker votre déménagement sans y foutre un pied. A ne raconter que du positif de peur d’être moins cool que les autres qui se sentent tout aussi mal en dedans. On se plaint de Facebook, mais, eh, c’est un outil: « Facebook » c’est ce que 1 milliards de personnes en ont fait. Comme dirait Camus, ça file des envies de suicide.

Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. – Camus, un jour de pluie

Quand on mate certaines des requêtes google les plus populaires, j'ai des doutes, mon p'tit Albert. "Est ce que les nains ont une vision nocturne" te passe loin devant.

Quand on mate certaines des requêtes google les plus populaires, j’ai des doutes, mon p’tit Albert. « Est ce que les nains ont une vision nocturne » te passe loin devant.

pourquoi les sites de coaching c’est trop super ?

On va faire court, parce que je commence à avoir envie de bégèr:

Des moisissures ont compris ces choses. Au lieu d’ouvrir une pizzeria en auto-entrepreneur comme prévu initialement, ces parasites sont devenus coachs. Ils se nourrissent de votre narcissisme en vous vendant que la volonté peut tout (comment leur en vouloir, Nike a lancé le slogan avant eux, y avait plus qu’à se pencher pour ramasser les pigeons) et qu’il existe des cheats code de la vie, d’ailleurs votre vie est un capital. Que la personne en face de vous est un ensemble de boutons: quand on appuie là on se retrouve à pécho une bombe ici, and so on. D’ailleurs la personne en face de vous existe-t-elle vraiment? Les coachs en doutent. Seul le fric existe. Certains paquets de fric se nomment donc « personnes », quand le paquet est appréciable on dit « Monsieur ».

Le coach est à votre âme ce que votre banquier est à vos thunes: son boulot c’est pas d’être éthique, c’est de faire fructifier. Chuuut, ça ira. Non, merde, on a dis pas de futur:

« ça va ».

Le jour où ne pas répondre "super bien, et toi?" à un "ça va?" est devenu un moyen simple pour devenir un alien aux yeux des gens, on aurait dû s'inquiéter. D'autant que le taux de depression n'a fait que grimper sur la même période. Étrange.

Le jour où ne pas répondre « super bien, et toi? » à un « ça va? » est devenu un moyen simple et gratuit pour devenir un alien aux yeux des gens, on aurait dû s’inquiéter. D’autant que le taux de dépression n’a fait que grimper sur la même période. Étrange.

rester une pauvre merde fadasse et anomique mais avec confiance

Vous voilà donc parés. Pensez à prendre votre bible et à pleurer. Parce qu’ensuite la littérature pessimiste et les émotions c’est terminé.

Oh, une dernière chose. Comme la volonté ne peut pas changer votre génétique ni votre passé ni votre milieu social (à moins de quitter votre famille à tout jamais. Ça se fait) ni vos traumatismes fondateurs ni votre cancer qui éclatera dans 3 ans ni le hasard qui heureusement vous fera mourir stupidement avant… Plus vous aurez l’air doré en dehors plus vous sentirez que ça pourrit en dedans. C’est normal. L’important c’est la confiance.

Je ne vous dit pas courage, si j’ai à vous le dire c’est que vous vous êtes plaint. Reprenez un valium. Achetez une Wonderbox. J’sais pas, démerdez vous en fait. J’suis pas votre coach, moi, c’est eux qui servent à ça.

Notre société a réussi à non seulement privatiser mais de surcroit sous-traiter le lien social. Quel monde fabuleux.

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Le saviez vous? Le web est une putain de volière à camés

Internet et les applications téléchargeables sont des outils compulsifs, voir addictifs. Doivent-ils être régulés comme la drogue ou les casinos?

En ligne, je me sens comme un pigeon de Skinner. Ces pigeons passaient les plus belles heures de leur vie à becquer obsessivement des bouts de plexiglas. Aidant ainsi B.F.Skinner, un psychologue de Harvard, à cartographier des principes comportementaux qui s’appliquent avec une inquiétante précision au design digital du XXIème siècle.

Skinner entrainait les oiseaux à recevoir de la nourriture en tapant le plexiglas. Dans certains scénarios, les pigeons obtenaient de la nourriture à chaque coup de bec. Dans d’autres, un temps était fixé entre chaque rétribution, disons 60 secondes. Une fois ce temps passé, si l’oiseau tapait il recevait sa graine. Si les piafs n’ont jamais vraiment maîtrisé le timing, ils s’en approchaient.

D’autres fois l’intervalle était aléatoire. Une minute, puis 5 secondes, puis 200… Dans ces circonstances, les oiseaux pétaient purement et simplement une durite. Un pigeon tapa 2.5 fois par secondes pendant 16 heures. Un autre 87 000 fois en 14 heures, avec comme résultat 1% de réussite.

Dans les mêmes conditions de rétribution incertaine, certaines poules sont, elles, capables d'atteindre 300 twerks/minute

Dans les mêmes conditions de rétribution incertaine, certaines poules sont, elles, capables d’atteindre 300 twerks/minute

De la folie en milieu aviaire

Voici donc une simple illustration de la manière dont les recherches de Skinner s’appliquent à la vie contemporaine.

Exemple hypothétique: nommons le W.Béhairsais, rédacteur. Envoyer et recevoir des mails est une part importante de son travail. En moyenne un tous les trois-quart d’heure. Parfois l’intervalle est de deux minutes. D’autres fois quatre heures. La plupart de ces mails sont à l’importance ce que Patrick Sebastien est à la géopolitique, d’autres sont marrants. Bientôt, dès qu’une connexion internet se présente, W.Béhairsais se met à checker ses mails toutes les 30 minutes. Puis toutes les 10. Puis toutes les deux minutes. Tapant tel un volatile sur son plexiglas.

Doit on l’en blâmer? On pourrais. Il a peu de self control et a choisi une activité dans laquelle la communication est importante.

Donc, de même, doit on blâmer les pigeons? Qui est le responsable: eux, ou Skinner qui a construit l’expérimentation?

Du milieu aviaire en folie

Décrire internet comme une distraction en 2015 est une pure platitude. On parle couramment de la vie digitale comme d’une addiction. Dans une conversation, facebook se décrit avec les mêmes termes que la méthamphétamine ou des machines à sous.

La possibilité d’une addiction à internet est discutée depuis 1996, c’est à dire 3 ans après l’invention du premier moteur de recherche. Mais il n’existe aucun consensus sur comment détecter – diagnostiquer – cette addiction, ni sur sa véracité. Les estimations de sa prévalence varient grandement, de zéro à « pardon on en est où, cet article est ouvert parmis 12 onglets » (pensez à masquer votre webcam, je vous vois).

"J'ouvre des onglets si je veux!"

« J’ouvre des onglets si je veux! »

Contrairement à l’héroïne, internet ne tue pas (encore), et a une utilité réelle. De plus il est compliqué de séparer le médium (internet) et son utilisation addictive (pornographie, au hasard. Sérieux couvrez votre webcam je suis encore plus gêné que vous là).

Dans tous les cas, les diagnostiques tendent vers l’extrême. Mais pour des millions de personnes internet est une compulsion. Blâmer l’outil ne fais pas plus de sens que blâmer l’utilisateur.

Les géants d’internet ont les meilleurs statisticiens et chercheurs en neuromarketing, dont le travail est d’abolir votre volonté

L’utilisateur? Ouais, il n’a aucun self control. Encore la faute à la société. Mais de l’autre côté de nombreux sites et outils numériques sont conçus spécifiquement pour créer des comportements addictifs.

Une poignée de firmes détermine désormais la gueule de votre internet de tous les jours. La plupart gagnent leur argent sur le même produit, et ce produit c’est vous et moi. Elles misent leur futur sur l’attention qu’elles peuvent recevoir de vous, et comment transformer celle ci en habitude.

Et c’est un partisan du « designe éthique », Tristan Harris de chez google, qui le dit: « autant l’utilisateur doit exercer sa volonté, sa responsabilité, autant il faut prendre en compte l’autre face de la pièce:  les géants d’internet ont 100 des meilleurs statisticiens et chercheurs en neuromarketing au niveau mondial, dont le travail est d’abolir votre volonté. »

Bref, le combat est inégal.

Edward Bernays Strikes Back

Témoignage de cette étrange relation entre la Silicon Valley et la méthamphétamine, « Hooked » (2014) , expliquant comment transformer un produit en habitude, s’est vendu comme un bestseller pour apprendre à créer le besoin compulsif. Nir Eyal, son auteur, consultant pour des start-ups, aide ses clients à copier ce qu’il nomme « les propriétés narcotiques » de sites comme Facebook ou Pinterest. Son but, tel qu’il le raconte au Business Insider, est d’arrimer les utilisateurs « dans un cercle basique. Pour toujours ».

Et ce via un modèle simple en quatre étapes. Prenez le fil d’actualité de Facebook:

  1. Vous rencontrez un déclencheur (ce qui vous incite à descendre le fil)
  2.  Et une opportunité d’action (vous descendez effectivement le fil). Normalement la conséquence est imprévisible: vous pouvez tomber sur une super vidéo de chat, ou le post fascinant du repas d’une de vos connaissances. En fait c’est…
  3. Une récompense variable. Qui vous encouragera en cas de déception à remettre une pièce dans la machine.
  4. Enfin, vous avez l’opportunité de faire un investissement. Ici, liker. Ou laisser un commentaire. L’investissement s’accroit cumulativement dans le temps, jusqu’à ce que l’utilisateur se sente de plus en plus investi [cette belle lapalissade est pas de moi, moi je traduis. Je la garde parce que cette belle lapalissade est belle] dans ce cycle déclencheur-action-récompense-investissement.

Si ça vous rappelle encore une fois les pigeons, c’est parce que ce modèle est issu directement des expériences de Skinner. Comme pour eux, une récompense incertaine peut mener à un comportement obsessif.

De même les casinos ont toujours utilisé cette technique. Skinner lui même leur apporta du grain à moudre en déterminant que le meilleur jeu rapide à récompense variable est la machine à sous. L’histoire ne nous dit pas si un des pigeons a gagné un gros lot de graines.

D'ailleurs à ce stade quand j'écris pigeon je ne sais plus bien de quelle espèce je parle.

D’ailleurs à ce stade quand j’écris pigeon je ne sais plus bien de quelle espèce je parle.

Un peu d’anthropologie

Natasha Schüll est anthropologue à l’université de New York. Auteur de « Addiction by design » (2012) sur l’ethnographie des parieurs à Las Vegas.

On s’attend à ce que les parieurs aient en tête de gagner. Mais selon Schüll, un parieur compulsif est plutôt à la recherche d’un sorte de transe, qu’elle nomme « the machine zone ». Dans celle ci se loge l’éternité:

Le temps, l’espace, et l’identité sociale sont suspendus au profit de la mécanique d’un processus répétitif »

Il existe une différence tout de même, entre une machine à sous et internet: plus le temps s’écoule plus vous perdrez d’argent. Dans le cas d’internet plus le temps s’écoule et plus vous faites GAGNER d’argent.

Dans le monde des casinos, l’usage est de blâmer les parieurs. La vaste majorité de la littérature à ce sujet se concentre sur le parieur lui même. Or cette interaction si particulière entre l’Homme et la machine est le fruit d’une ingénierie. Et il est relativement connu que si les salles de machines à sous (au moins celles de Las Vegas) n’ont pas de fenêtres ni d’horloges, ce n’est pas par hasard.

Et pourtant on ne blâme que les gens.

Rencontre avec Nir Eyal

.. Lequel est le plus grand critique de son propre ouvrage. Il se fait consultant pour des fournisseurs de médicaments, appliquant les tactiques de Hooked’s à des outils numériques destinés à rappeler aux gens de prendre leur traitement à temps. Il affirme refuser de conseiller des sites pornographiques ou des sites de paris en ligne. Selon lui le but du livre est d’inspirer des produits « qui peuvent aider les gens à vivre plus heureux, en meilleure santé, mieux connectés ». Ajoutant:

On ne peut pas vendre quelque chose si les gens n’en veulent pas. Ce que j’enseigne c’est la persuation, pas la coercition

Ce que Natasha Scüll en pense de son côté, beatnik qu’elle est:

l’industrie cherche à tromper activement les parieurs, et parfois fait mine de s’en inquiéter. D’autres fois elle défend ces tactiques en insistant « satisfaire une demande »

Or prétendre ne faire que satisfaire une demande est un cache-sexe qui balaie opportunément la complexité du libre arbitre, comme évoqué dans cet autre article.

De plus il existe une différence entre ce que l’on demande et ce que l’on obtient. Il y a une différence claire entre vouloir aller sur facebook 5 minutes et se retrouver 5 heures plus tard à baver devant Buzzfeed ou Topito.

« Captologie »

Dans un des premiers papiers sur la « captologie » – le procédé d’utiliser le numérique pour modifier le comportement des gens – le psychologue B.J.Fogg, qui a enseigné à de nombreux leaders de la Silicon Valley, incluait un code d’éthique. Il écrivait en 1998,pendant que vous fêtiez innocemment la coupe du monde sans vous douter du complot à venir:

« Les influenceurs high-tech feraient mieux de baser leur design sur des standards éthiques défendables »

Pas exactement un appel ferme à la rigueur. On croirait Nestlé causant d’huile de palme.

Usine Twix gauche; usine Twix droit. Putain leur pub ment pas en fait

Usine Twix gauche; usine Twix droit. Putain leur pub ment pas en fait

Imaginez l’internet comme une librairie infinie. A chaque lien, chaque clic, vous entrez dans un nouveau rayon.

Si vous voulez faire de l’argent, il suffit de bien vendre ce qu’il y a dans le rayon. De l’excellent journalisme, un jeu, une recette, un service ou un bien réel…

Au fil du temps, au lieu de faire du fric avec le contenu de la salle, vous instaurez des péages. Monétisez la porte, en y apposant un capteur (un cookie). Chaque personne passant la porte se voit proposer une pub. Immédiatement, des petits malins vont mettre des portes partout. Mention spéciales à ces sites où il faut cliquer après chaque image d’une liste pour passer à la suivante; et prix Goncourt à « 19 chatons mignons. Vous ne croirez jamais le 12! ». Vous pouvez aussi faire des rayons vides, pour créer du passage.

Les mêmes « journalistes » vont vous parler de l’ère du zapping, où 38% des lecteurs ne lisent pas l’article, et seulement 25% de ceux qui le lisent iront jusqu’au bout. Coucou les gars: c’est votre business model et vous l’avez voulu ainsi, oui, vous, pas le lecteur.

Au bout d’un moment faire de beaux rayons n’est même plus une stratégie viable: il faut faire de la merde et maintenir le cliqueur en mouvement.

La réaction

Des technologies se sont créées en réaction. Telle application qui vous interdit l’accès à internet après un temps fixé par vous, Freedom qui supprime l’accès à certains sites selon le menu choisi (travail, loisir…), Saent qui vise à réduire la distraction. Ainsi que Time Well Spent, une communauté bossant sur un design éthique.

On peut comparer ces idées au mouvement pour la nourriture bio (on y retrouve d’ailleurs souvent les mêmes coiffures). Internet est vu comme la nourriture industrielle.

"Toi aussi, deviens un rebelle ultime"

« Toi aussi, deviens un rebelle moderne grâce aux sous de papa-maman »

Ce qui est inquiétant. Car comme pour le bio, ce n’est pas une « éthique » universaliste qui se discerne mais simplement un nouveau marché, marché de niche, et inaccessible au plus grand nombre. Par et pour la bourgeoisie culturelle.

Le point qui devrait être clair est le suivant: si la situation est aussi toxique, et que vous n’avez pas la naïveté de penser que l’industrie va se réguler d’elle même, que vous avez passé le stade irrationnel de blâmer l’utilisateur… Il reste une seule option logique: réguler l’industrie.

Vers une régulation active?

Le mot fait frémir, dans le milieu (plus très) libertarien d’internet. Cependant de même qu’il existe la régulation liberticide que l’on connait bien, il est aussi possible d’établir une régulation qui étende les choix de l’utilisateur.

La tâche ne serait pas simple. Et le marché de la drogue fournit une bonne analogie: à chaque interdiction efficace de substance, une nouvelle apparait, et passe subtilement au travers des filets de la régulation. Cependant la seule existence d’une régulation envois déjà un message.

Trois choses sont immédiatement faisables:

  • Requérir des des médias sociaux, des fabriquants de smartphones… Qu’ils offrent un « tableau de bord » de la distraction. Permettant de désactiver temporairement les jeux, mettre l’appareil en mode « travail » ou « loisir »… Également requérir des boites mails que l’utilisateur puisse décider du nombre et des heures de livraisons de ses mails dans la journée.

Bannir également le « scroll infini » (twitter, facebook…) qui est l’outil le plus pernicieux. Au minimum offrir à l’utilisateur la possibilité de le désactiver

  • La possibilité de repérer les utilisateurs montrant des comportements addictifs sévères. Des sites comme facebook savent probablement déjà où commence ce comportement et qui en est victime.

Et enfin:

  • Permettre un feedback. Un outil pour que l’utilisateur puisse voir combien de temps il a passé sur le site, combien de fois par jour… Et pourquoi pas permettre à l’utilisateur de fixer à l’avance la limite qu’il souhaite

Établir un équilibre des pouvoirs

Supprimer le scroll infini, c’est se retrouver tôt ou tard en bas de la page. A cette seconde, ce n’est plus le site qui est maitre mais l’utilisateur.

De manière générale, sans même penser à une régulation dure, il s’agit de rétablir un équilibre des pouvoirs. Comme c’est le cas dans n’importe quel autre domaine commercial, ou dans n’importe quel contrat.

A moins de vouloir continuer à taper comme les pigeons de Skinner, ça vaut le coup de prêter un peu d’attention aux termes du contrat.

Cet article est une traduction (très) libre de « User Behaviour: Websites and apps are designed for compulsion, even addiction. Should the net be regulated like drugs or casinos?  » – de Michael Schulson, trouvable en langue originale sur ce site d’une extrême qualité.

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Le terrorisme est-il efficace?

Un peu après midi, une explosion secoua un hôtel réputé du centre de Jérusalem. Sept bombes placées au sous-sol firent s’effondrer les six étages au dessus, dans un tas massif de verre brisé, maçonneries cassées, et corps écrasés. Le carnage fut épouvantable: 91 morts et des dizaines de blessés.

Les leaders politiques condamnèrent l’attaque dans des termes familiers – un « acte insensé de terrorisme – en promettant que cette tragédie ne ferait que renforcer la résolution du gouvernement à défaire un « ennemi traître et vil ». Il ne plierai pas aux volontés des terroristes, ni n’accédera à leurs demandes outrageantes. Cette violence est simplement insensée.

l'attentat sur l’hôtel David King, en 1946, perpétré par des extrémistes juifs de l'Irgoun. Preuve que 1) le discours politique prend franchement la poussière 2) non, amis Israëliens, les musulmans ne sont pas seuls à faire péter des bombes: vous avez gagné comme ça

l’attentat sur l’hôtel David King, en 1946, perpétré par des extrémistes juifs de l’Irgoun. Preuve que 1) le discours politique prend franchement la poussière 2) non, amis Israéliens, les musulmans ne sont pas seuls à faire péter des bombes: vous même avez gagné comme ça

Des réactions de défi similaires à propos de la futilité du terrorisme comme arme politique sont entendues depuis longtemps suite à des attentats. « Les terroristes ne peuvent jamais gagner directement », déclarait confiant le premier ministre de Rhodésie, Ian Smith, en 1977. Suite à l’attentat suicide au camion piégé de 1983 qui tua 241 Marines américains au Liban, Ronald Reagan proclamait que « la chose principale » est de montrer que le terrorisme « ne marche pas… [et] prouver que les actes terroristes ne nous feront pas dévier ». Margaret Thatcher décrivait la tentative d’assassinat de l’IRA (Irish Republican Army) contre elle à la conférence du parti conservateur à Brighton en 1984 comme illustrant non seulement un échec, mais une stratégie fondamentalement futile. Et, en Juillet 2006, le premier ministre Israélien Ehud Olmert promettait que le gouvernement « ne cédera pas au chantage et ne négociera pas avec les terroristes ».

Pourtant la Rhodésie est maintenant le Zimbabwe; les Marines ont rapidement quitté le Liban; Martin McGuinness – un ancien membre de l’IRA – est premier ministre de l’irlande du Nord depuis 2007; et cette même année Olmert acceptait de négocier avec le Hezbollah pour libérer 5 terroristes en échange des corps de deux sergents Israéliens kidnappés.

La domination de la politique Libanaise par le Hezbollah, et le rôle significatif qu’il a exercé auprès du gouvernement, incluant un pouvoir de véto efficace dans le gouvernement d’unité post-2008, affaiblissent l’argument selon lequel la stratégie terroriste est futile. En effet, ni le Sinn Féin (la branche politique légale de l’IRA), ni le Hezbollah, n’auraient pû un jour acquérir leur statut et leur influence actuels sans leurs antécédents terroristes.

Quand à l’attentat sur l’hôtel King David de Jérusalem en 1946, qui tua 91 personnes assises en train de manger un jour d’été? Le cerveau en était Menachem Begin, futur premier ministre d’Israël et futur Prix Nobel de la Paix.

Tu disais pas ça du temps où tu étais un violent terroriste, Madiba. Tiens, du coup, un message: méfiez vous des Prix Nobels de la paix. C'est souvent d'ex fous furieux, un truc assez courant chez les idéalistes

Tu disais pas ça du temps où tu étais un violent terroriste, Madiba.
Tiens, du coup, un message: méfiez vous des Prix Nobel de la paix. C’est assez souvent d’ex fous furieux, un parcours courant chez les idéalistes

Contrairement à l’État Islamique autoproclamé, les terroristes juifs dans la Palestine des années 40 ne visaient pas les civils délibérément. Il faut noter que le luxueux hôtel King David servait de quartier général aux autorités Britanniques de Palestine, avec quatre étages de bureaux gouvernementaux, militaires, et des services secrets.

Ainsi, en tant que symbole d’une force d’occupation, il était une cible irrésistible pour Begin et ses soutiens. Sa destruction, pensaient-ils, attirerait l’attention du monde sur le combat nationalisme juif et sur le refus des Britanniques d’accorder un État juif indépendant.

Et ils avaient raison.

La création d’Israël, deux ans plus tard, fut bien entendu le produit de nombreuses et puissantes forces: diplomatie, lobbyisme, négociation, désobéissance civile, propagande. Mais le succès de Begin à saper les fondations de l’autorité Britannique, l’amenant à se retirer de Palestine, montre que malgré ce que les gouvernements en disent le terrorisme peut – dans de bonnes conditions et avec des tactiques adaptées – parvenir à promouvoir un agenda politique.

Ainsi, alors que les gouvernements qualifient le terrorisme d’inefficace, les terroristes eux ont une foi constante dans leur violence, et pour de bonnes raisons. L’intransigeance terroriste est également due à leur capacité à apprendre les uns des autres. Le terrorisme est un commerce comme un autre, et il s’apprend des anciens.

"on a appris des américains qu'il suffit de planter un panneau pour avoir un droit de propriété sur la Plaine. Il est malin Satan n'empêche"

« on a appris des américains qu’il suffit de planter un panneau pour avoir un droit de propriété sur la Plaine. Il est malin Satan n’empêche »

Le groupe de Begin, par exemple, s’était consciencieusement modelé sur l’IRA, en étudiant la guerre civile qui résulta de l’indépendance irlandaise en 1922. Moins de dix ans plus tard, la guérilla anti-Britannique à Chypre adoptait une stratégie similaire et obtenait l’indépendance en 1960. De même les nationalistes Algériens  combattant la France appliquèrent la même stratégie.

Des mouvements d’idéologies aussi diverses que le Fatah de Yasser Arafat, le Congrès National Africain en Afrique du sud (Mandela), les Tigres Tamouls du Sri Lanka, ont cités le combat pour l’indépendance algérienne comme ayant eu une influence majeure sur les stratégies et leurs tactiques ultérieures.

L’Irgun de Menachem Begin fut également le premier groupe terroriste post- seconde guerre mondiale à utiliser de spéctaculaires actes de violence afin d’attirer l’attention internationale. Longtemps avant l’info en continu, l’Irgun recherchait une audience mondiale, au delà de leur région et même au delà de la métropole de l’occupant.

les attaques sur Paris représentent une tempête calculée des tactiques les plus sanguinaires, pour la première fois lancées en combinaison dans un grand centre urbain surpeuplé

Les fondations étaient alors posées dans les années 40 et 50 pour la transformation du terrorisme, d’un phénomène localisé à un problème de sécurité globale tel que nous le connaissons aujourd’hui. Et nous devons pour cela remercier cette impressionnante capacité des terroristes à apprendre les uns des autres.  Durant l’invasion de l’Afghanistan en 2001, les troupes américaines tombèrent sur une bibliothèque d’Al Qaida bien fournie: et sur les étagères se trouvait entre autres le livre de Begin, « La révolte » (1951). Comme tout leader efficace, Ben Laden voulait apprendre des luttes précédentes contre des puissances occupantes.

Et depuis le week-end dernier, nous savons que malheureusement que Daech a également appris de ses prédécesseurs. Cette attaque combinait des éléments du siège de 2002 dans un théatre moscovite par des terroristes Tchétchènes; de l’attaque-suicide dans les transports londoniens en 2005; et le cocktail simultané de fusillades, bombes, incendie criminel, et prise d’otages de Bombay en 2008. Ainsi, les attaques sur Paris représentent une tempête calculée des tactiques les plus sanguinaires, pour la première fois lancées en combinaison dans un grand centre urbain surpeuplé.

Cet article est une traduction de « ISIS has studied the past successes of terrorism all too well » – de Bruce Hoffman (directeur du Georgetown University’s Center for Security Studies et membre de l’ Us Military Academy’s Combating Terrorism Center), trouvable en langue originale sur ce site d’une extrême qualité.

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  • D’après vous, le terrorisme est il efficace? Le terrorisme peut il permettre à Daech d’atteindre ses objectifs de long terme, au rang desquels la création d’un califat Islamique?
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